LE rapprochement de ces deux petites plaques n'est pas la manifestation d'un anticléricalisme aussi primaire que désuet, mais partirait plutôt d'un bon sentiment. Il est fort charitable de prévenir ses contemporains qu'ils s'engagent en terrain glissant. Même si la tradition veut que celà porte bonheur de mettre le pied « dedans». Par ailleurs, les chiens, généralement responsables de ce genre de problème, sont des créatures du Bon Dieu au même titre que les humains empruntant cette rue. On ne peut donc pas leur jeter l'anathème
D'ailleurs, qui nous dit qu'ils n'en ont pas autant à notre service ? Si d'aventure, un moderne François d'Assise parlant le langage des animaux entrait en contact avec eux, on en apprendrait de belles sur le genre humain. Et ils ne tiendraient pas toujours des propos très charitables. Mais le chien étant réputé le meilleur ami de l'homme, il n'en médira pas. Et c'est l'homme, ingrat tel qu'à son habitude, qui parlera de « temps de chien », de « chien de fusil », voire de « entre chien et loup », oubliant que l'homme est un loup pour l'homme, ce qui n'est pas spécialement à son honneur. L'être humain, si chargé de fautes, a donc tout intérêt à s'engager dans la rue du Presbytère, malgré les obstacles canins qu'il risque d'y rencontrer. Grâce à la petite pancarte, il pourra y aller sans crainte, car un homme prévenu en vaut deux...











