Les violentes bourrasques de vent n'ont pas fait que des malheureux. Une vingtaine de véliplanchistes en ont profité pour prendre d'assaut le plan d'eau de Brognard.
« C'EST mythique ». Jean-Michel, grand sourire aux lèvres, jette un regard sur le plan d'eau de Brognard. Une vingtaine de ses camarades véliplanchistes s'en donnent à coeur joie.
« Pour une fois, nous pouvons sortir le petit matériel, au lieu des grandes voiles habituelles. Ces conditions nous les avons peut-être trois fois dans l'année, à l'entrée ou au sortir de l'hiver. En plus, l'air n'est pas trop froid, c'est vraiment idéal. Disons que par rapport à l'Atlantique, il ne manque que les vagues. » En voyant ces conditions - il ne fait plus confiance aux prévisions météorologiques depuis longtemps, à force de déceptions - Jean-Michel n'a donc pas hésité une seconde, quand il s'est rendu compte que ce mercredi serait « la » journée, celle à ne pas rater. « J'ai fini de travailler à 10 h, ce matin. Je suis aussitôt venu ici. » Il n'a même pas pris le temps de manger. « Ce soir, je vais avaler une bonne platée de pâtes et tout ira bien. » Une bonne nuit de sommeil derrière et il sera fin près pour revenir dès aujourd'hui.
TRAVAUX PRATIQUES
Sur place, il devrait retrouver Serge, qui finit seulement de s'équiper. Pour lui, la journée a été très très longue, loin de l'eau. « Je sors du boulot. C'est dommage, il est un peu tard. » Le temps de charger la planche sur la voiture, et le voilà à Brognard. « D'habitude, je n'aime pas trop faire de la planche ici, car le vent n'est pas trop fort. Et puis, surtout, il peut tomber en quelques heures. Évidemment, nous ne sommes pas dans le midi, où le mistral souffle trois, quatre jours sans discontinuité. Mais là, en me levant, je me suis dit qu'il fallait y aller. » À quelques encablures de là, Nicolas reprend des forces. Bien abrité dans son ciré jaune, il avale à grandes gorgées son jus de fruit multivitaminé. Il faut bien récupérer d'efforts parfois très violents pour parvenir à maîtriser sa planche dans des bourrasques qui dépassent allègrement les 90 km/h. Étudiant il est là depuis le matin.« Je profite de mes vacances. De toute façon, quand il y a un vent comme ça, c'est la planche qui prime. C'est trop exceptionnel. Pour moi qui suis en fac de sport, c'est une forme de travaux pratiques... » Vincent, lui semble beaucoup plus marqué par son après-midi de planche. Lui aussi est étudiant et compte pourtant quatre ans de pratique. « C'est vraiment dur, mais tellement agréable. » Comme tous les autres, il rêve de connaître plus souvent des conditions aussi extrêmes. Et tant pis pour les chapeaux qui s'envolent et les parapluies désormais bons pour la poubelle.
Les violentes rafales de vent ont fait au moins une bonne vingtaine d'heureux.
(Photos « LE PAYS » - C.T.)











