Originaire de Scherwiller et domicilié à Lièpvre, Pierre Martin, médaille d'or au dernier concours régional des miels d'Alsace, avoue s'être passionné pour les abeilles « par accident». « Employé aux Telecom, j'ai été amené à travailler en 1980 chez un apiculteur qui m'a fait découvrir le monde fascinant des abeilles et trop souvent méconnu du grand public. J'étais immédiatement conquis. Aujourd'hui, l'apiculture meuble tous mes loisirs. J'en suis devenu un véritable mordu », dit-il. Dès le printemps, Pierre Martin procède au nettoyage des ruches, contrôle le développement des abeilles, freine la formation des nouveaux essaims. Pour une bonne récolte, une ruche doit abriter entre 60 et 80.000 abeilles. A partir de greffes d'oeufs sélectionnés, il pratique aussi l'élevage des reines qui pondent jusqu'à 2.000 oeufs par jour. Quand les sapins commencent à mieller, en général pendant le mois de juin, Pierre procède à la transhumance des ruches, d'habitude installées dans sa propriété à Scherwiller, il les déplace dans la forêt de sapins de Lièpvre derrière son domicile. Et ceci pendant la nuit quand les abeilles sont dans la ruche où elles transforment le nectar ou le miellat en miel et s'occupent du couvin. « Pendant cette saison, les abeilles qui travaillent trop ne vivent qu'une quarantaine de jours.En hiver, elles peuvent atteindre l'âge de six mois. Elles ne volent pas, tiennent la reine au chaud et ne sortent que pour aller « aux toilettes». « Les abeilles ne déposent jamais d'excréments dans la ruche », rappelle l'apiculteur.
BIODYNAMISME
Pierre Martin pratique aussi l'apiculture selon l'étude très connue de Rudolphe Steiner, dite biodynamique. D'après les constellations astrales, cette méthode peut influencer la ponte, la construction de la cire, la récolte... Membre du syndicat apicole de Châtenois et environs, fort d'une trentaine de membres depuis 1983, Pierre en est le secrétaire depuis 1985. Son plus douloureux souvenir est la destruction de ses abeilles qui avaient butiné des fleurs d'accacias traités avec des insecticides. « Aujourd'hui, il faut fuir certains endroits », déplore cet apiculteur amateur local, fier de fabriquer un produit pur. L'activité principale de ce père de famille consiste à exploiter un domaine viticole à Scherwiller et une entreprise commerciale de prestations de services viticoles qui l'amène à sillonner toute l'Alsace et le Bade-Wurtemberg.
Patrick Martin applique une méthode biodynamique.
(Photo » L'ALSACE»)











