La fête du tissu ouvre dès 9 h ce matin. Elle fermera ce soir, sur la collection d'automne de Guiliano Barioni couturier mulhousien. Elle se prolongera jusqu'à dimanche.
LIN et mohair, lin et soie, lin et cuivre, lin et raphia ou lin dévoré, le théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines présente dès ce matin les plus belles créations en lin. Sorties de l'imagination de Luc Druez, amoureux du lin, elles sont portées par la formidable volonté de la Seine-Maritime, région productrice, de faire connaître le lin le plus beau du monde.
« Il y a des tas de choses à prouver dans le lin qui s'inscrit bien dans les valeurs actuelles. C'est une fibre saine, qui respire et qui est anallergique. Biologique, sa culture ne supporte pas le moindre engrais chimique ou pesticide », dit Elisabeth Sablayrolles venue préparer l'exposition sainte-marienne. Elle est l'attachée de presse de l'association de promotion du lin « Lin demain », basée à Rouen « au coeur de la production». A ses côtés, Blandine Alexandre secrétaire de l'association, évoque la fabrication quasi artisanale du lin avec le tri manuel des fils. « Le plus beau lin se distingue par son élasticité, sa résistance et sa finesse.
DANS LE DOLLAR
Il est produit dans le Nord, où le limon profond donne des fibres fines et longues », disent les deux spécialistes. Le centre de sélection des semeurs de lin choisi les plus belles graines. Connu depuis l'Antiquité, le lin est la « fibre de la résistance ». Il sert à tout, rien ne se perd dans le lin. A part les plus belles étoffes, le lin sert à faire des revêtements muraux, des sacs postaux, de l'huile, nourrit le bétail ou fait des panneaux agglomérés. Il a servi à faire les fils de chirurgie et entre dans la composition du... dollar. Alors qu'il est toujours entré dans la composition des plus beaux linges (de Gérardmer notamment), qu'il recouvre les fauteuils du mobilier national, décliné en velours, le lin a fait des apparitions plus ou moins importantes dans le domaine de la mode depuis les Egyptiens. Il fait un retour en force depuis 1976. Avec des créateurs comme Mugler, Gaultier ou Montana, et la volonté de la « dame du lin », Anne-Marie Beretta. le lin est revenu dans les collections. Il présente cependant pour les Français, le gros handicap de se froisser alors qu'en Italie c'est de la plus grande élégance. Aussi fabrique-t-on à présent des lins quasiment infroissables. Il se décline en classique, en rustique, mais aussi dans les plus beaux coloris. « Il boit littéralement la couleur et la garde. C'est une teinture à coeur. Il a le meilleur indice de protection contre la lune », dit encore Elisabeth Sabayrolles. Elle ajoute : « Le lin, espère-t-on, a tout son avenir devant lui.
Le public peut trouver au stand de l'association AJM France, des lins à partir de 59 F le mètre (étamine).
LA FORET
Aujourd'hui au théâtre, le public pourra découvrir la collection de Guiliano Barioni placée sous le signe de la forêt, à 17 h 30. Des flashs mode seront proposés aussi le vendre i et le samedi.
A côtés des lins, toujours les plus belles autres pièces de tissus manufacturés à Sainte-Marie ou ailleurs, soie, lainages, jerseys... ainsi qu'une vaste gamme d'accessoires.
A ne pas manquer non plus l'exposition-vente de tissus de décoration et linge de maison au profit de l'association « Premiers pas «, dans la cour de la Manufacture d'impression de Sainte-Marie (fermé le samedi).
La fête du tissu est ouverte de 9 h à 18 h. Prix d'entrée 25 F.
Lin et cuivre pour façonner les plus beaux décors.











