Quatre conteneurs mobiles du système de surveillance de la qualité de l'environnement seront mis en place dans les semaines à venir autour de l'aéroport. Un moyen d'obtenir des statistiques. Et de communiquer.
CIEMAS : c'est le nom du système automatique de surveillance des paramètres de qualité de l'environnement (computer integrated environmental management system) en cours d'installation à l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse.
Un système qui aura coûté quelque 8 millions de francs, et dans lequel Hans-Ullrich Frey, responsable du service environnement, place de grands espoirs. La charte pour l'environnement de l'aéroport de Bâle-Mulhouse lui prête d'ailleurs toutes les vertus : « CIEMAS permettra une surveillance en temps réel à l'aide de stations de mesures fixes dans l'axe des pistes.
6 FIXES, 4 MOBILES
Les données acoustiques recueillies par ces stations seront transmises à des calculateurs de haute puissance et permettront ainsi de restituer et de visualiser sur écran les trajectoires empruntées par les avions, ainsi que d'établir des plans de charges des niveaux sonores autour de l'aéroport selon les valeurs prescrites par les législations française, suisse et allemande.» Ce nouveau système va en fait remplacer les bornes de mesure qui avaient été mises en place en 1974. Et qui se trouvaient plutôt au sud de l'aéroport. Les balises mobiles (en fait des conteneurs) de mesure du bruit dont il a été question au conseil municipal de Bartenheim en font partie. Elles sont au nombre de quatre. Bartenheim semble être bien partie pour avoir sa balise. Balise qui pourra ensuite être implantée à Bartenheim-la-Chaussée ou à Sierentz. Mais les conteneurs doivent rester à un même endroit au moins six mois pour obtenir des données suffisantes, précise Hans-Ullrich Frey. Weil-am-Rhein devrait aussi avoir son conteur mobile ; Bâle ouest est intéressé ; le quatrième pourra être implanté à Hégenheim ou Biningen. La décision finale d'implantations devrait être prise dans les semaines qui viennent, avec le comité de suivi de la charte environnement. Par ailleurs, six nouveaux postes fixes ont été installés depuis l'an dernier autour de l'aéroport : un aux quatre extrémités des pistes, un sur le bâtiment principal, et un à Blotzheim.
« RÉSULTATS INTÉRESSANTS »
Selon la « charte pour l'environnement », ce dispositif devrait permettre « d'évaluer immédiatement et objectivement les niveaux de bruit aux abords de l'aéroport et de s'assurer du respect des restrictions applicables à la circulation aérienne». Et si tel n'était pas le cas ? Hans-Ullrich Frey évite actuellement de se placer dans une telle éventualité, et se montre très optimiste quant aux résultats des mesures à venir. Sans nier que l'aéroport est générateur de nuisances, il espère pouvoir attester que l'EuroAirport n'est pas le principal polluant. Ces différentes bornes, quelles soient fixes ou mobiles, ne sont que la partie visible de l'iceberg. Le responsable de l'environnement de l'aéroport explique en effet que leur capacité de calcul est telle qu'elles peuvent déterminer l'impact du bruit d'un avion selon la configuration du terrain, la présence de bâtiment, la météo (par exemple le vent ou un orage, lui-même générateur de bruit). « Nous allons disposer de résultats intéressants pour la fin de l'année », avance Hans-Ullrich Frey, c'est-à-dire lorsque la période de certification des balises fixes sera achevée. « Le jour où tous les grands aéroports disposeront de stations de mesure et de contrôle des trajectoires, ce système d'amendes pourra être étendu en province », expliquait le directeur régional de l'aviation civile («L'Alsace » du 8 octobre) au sujet, notamment, des non-repects des trajectoires constatées à Roissy. Les riverains de l'aéroport seront sans doute particulièrement attentifs aux données qu'elles livreront.
Hans-Ullrich Frey devant l'une des bornes interactives qui seront placées avec les balises.
(Photo « L'ALSACE » - P.-Y.R.)











