Pour protéger ses archives, le musée de l'impression sur étoffes les intègre dans une base de données informatique.
Plus de trois millions d'échantillons de tissus d'ameublement ou d'habillement dorment dans une aile du Musée de l'impression sur étoffes, au Service d'utilisation des documents (SUD). Créée en 1832 à l'initiative des industriels mulhousiens, cette bibliothèque textile regroupe des documents datant du XVIIIe jusqu'au début du XXe siècle. Les plus vieux sont des mouchoirs à carreaux de 1760. Qu'ils soient conservés sous forme de tissus ou de dessins sur papier, ces fonds sont fragiles et souffrent des manipulations. Depuis longtemps, Adrien Ketterer, président du musée, souhaite les informatiser pour les protéger. C'est aujourd'hui chose faite. La première étape de la création de la base de données consiste à photographier les documents lorsque des diapositives n'existent pas encore. Elles sont ensuite numérisés puis importées sur la base de données. Là, elles sont décrites : provenance, couleur, date, style, motif... « Numériser tout le fond prendrait un siècle, estime Jean-François Keller, responsable du service, alors nous commençons par les documents les plus anciens, les dessins et maquettes du XVIIIe siècle et les tissus d'ameublement. Le reste sera numérisé plus tard ». Pour l'instant, 4000 documents ont déjà été enregistrés sur la base, au rythme de 40 photos par jour et 70 descriptions.
RECHERCHE PAR MOTS CLÉS
Le SUD accueille des industriels du monde entier, à la recherche d'un tissu à utiliser dans leurs collections. Jusqu'à présent, ces derniers devaient feuilleter les vieux livres ou fouiller dans les tiroirs à la recherche de leur bonheur. Désormais, il leur suffit de choisir des mots clés pour voir apparaître sur l'écran des vignettes de tissus, par exemple de tous les cachemires rouges et bleus. Ils en sélectionnent quelques uns et vont ensuite observer les tissus, évitant ainsi de nombreuses manipulations. « En plus, ils voient différemment l'échantillon sur l'écran » ajoute Jean-François Keller.
DROIT DE RÉSERVATION
Les échantillons les plus récents que les clients peuvent obtenir datent de 1937 car les tissus sont soumis à un copyright de 50 ans. Mais les fabricants sont libres de reprendre des motifs plus anciens. Le SUD leur délivre une reproduction photographique ou une photocopie couleur contre un droit de réservation de 2 ou 4 ans. Pour un tissu d'ameublement, il s'élève à environ 3000 F. En échange, le service du musée s'engage à ne plus proposer ce tissu à un fabricant pendant la période. Outre une meilleure conservation, la numérisation doit permettre une meilleure commercialisation des tissus. Aujourd'hui, les archives sont immobiles. Les industriels doivent faire le voyage à Mulhouse pour les consulter. Demain, le SUD pourra les transporter dans une valise, sous forme de CDrom, et les montrer facilement dans les salons.
Les clients découvrent désormais les échantillons sur écran.
(Photo « L'ALSACE »- Daniel Schmitt)











