Lassés de n'être associés, selon eux, ni au redressement financier, ni à la gestion quotidienne de la FOL 70, les salariés se sont mis en grève, hier, devant le siège vésulien de la fédération.
Proposée le 12 octobre par l'intersyndicale SNAPAC-CFDT et SNCSS-CGC, contre l'avis de la CGT, et adoptée par 11 des 12 salariés présents, la grève observée mercredi par le personnel de la fédération des oeuvres laïques se veut avant tout « symbolique»: « Nous ne défendons pas simplement l'emploi et l'existence de la fédération, mais aussi et surtout les idées de citoyenneté et de démocratie qu'elle porte, confie Françoise, déléguée syndicale CFDT. Il y a un décalage entre les principes portés par la FOL et leur mise en oeuvre à l'intérieur de la structure.» Les huit salariés rassemblés, dès 8 h 30, devant le siège de la FOL 70, hier à Vesoul, ne revendiquent pas tant le maintien du personnel en place que leur participation au redressement de l'activité financière de l'association. La vocation de la FOL auprès des associations périscolaires, des actions culturelles et sportives en lien et autour de l'école a ainsi été mise en exergue par les salariés grévistes. « Il est peut-être souhaitable de redéfinir le rôle de la FOL : à la création de la ligue de l'enseignement (en 1866), la volonté affichée était de militer pour l'égalité d'entrée à l'école. Aujourd'hui, forcément, l'école a changé, elle est laïque, gratuite et obligatoire ».
LICENCIEMENTS
La mobilisation, cependant, s'est faite autour des questions sociales liées aux finances de la fédération haut-saônoise. Un déficit de 1,3 million de francs, cumulé sur trois ans, et de nature plus structurelle que conjoncturelle, a en effet amené la fédération départementale à déposer son bilan, le 3 septembre dernier. Le TGI de Vesoul a prononcé le 22 septembre la liquidation judiciaire de la FOL, et nommé un administrateur qui en contrôle aujourd'hui les dépenses, et procède au bilan économique et social. Le 15 décembre, à l'issue de cette période d'observation, un plan de redressement pourrait être engagé, et, probablement, complété par un plan de licenciement. Déjà des « documents ont été produits qui font allusion à la suppression de certains postes », rappelle la déléguée CFDT. Manuel Messey, délégué général de la FOL 70, confirme qu'en effet la situation économique ne permettrait pas de maintenir tous les emplois. Quoi qu'il en soit, la liquidation pure et simple de la fédération des oeuvres laïques n'est pas envisagée, pour l'heure, ni par les salariés, ni par le délégué général.
CHANGEMENT DE DIRECTION
En début d'après-midi, une dizaine de salariés non grévistes du siège de la FOL ont « débrayé » une heure pour rejoindre leurs collègues, et sont finalement restés jusqu'à l'heure de fermeture des bureaux, à 16 h. Manuel Messey aura auparavant participé à la définition du planning des rencontres et des négociations avec l'administrateur judiciaire et les délégués du personnel et délégués syndicaux. Le hasard a voulu que la date fixée pour cette réunion de travail coïncide avec celle de la journée de grève : le personnel mobilisé devant le siège de la FOL 70, qui se proposait justement de s'adresser au conseil d'administration par le biais de ces délégués. La composition même de ce conseil d'administration pourrait être remise en cause « pour s'accorder avec les projets portés par la fédération ». Au cours de cet entretien, hier matin à 11 h, un ordre du jour à la réunion d'expression des salariés a été proposé aux employés grévistes de la FOL 70. Or la réunion d'expression, convoquée dans le cadre d'un protocole d'accord entre les salariés et leur direction, est, selon le droit du travail, un terrain d'expression libre : aussi les salariés ont-ils proposé, à 17 h à la maison du syndicat, de changer la délégation de la fédération haut-saônoise. Les contradictions demeurent au sein de la FOL 70 : celle inhérente à toute association entre la réalisation de l'objet social et la rigueur de gestion, celle entre les propositions et contre-propositions attendues par l'encadrement de l'association et les reproches à son encontre « de repli et de refus d'information », et enfin entre l'embauche à l'occasion de la création des sites périscolaires et les licenciements qui menaceraient ces salariés « excentrés».
Hier à Vesoul, les salariés de la Fédération des oeuvres laïques ont constitué un piquet de grève symbolique devant le siège de l'association.
(Photo « LE PAYS » - S.C.)











