La réorganisation des services départementaux d'incendie et de secours, qui pourrait entraîner à terme la disparition de plusieurs casernes, inquiète les sapeurs-pompiers. Les soldats du feu assisteront ce soir à la réunion du conseil d'administration du SDIS.
LES sapeurs-pompiers sont des gens prévoyants. Alors que s'annonce une période de froid et des fortes perturbations («LE PAYS » d'hier), les soldats du feu montent au front. « Mobilisation et vigilance » sont les mots d'ordre qui reviennent fréquemment (lire ci-dessous) à l'heure où la réorganisation du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) entre dans sa phase active. La première étape, appelée départementalisation, consiste à regrouper tous les centres de secours sous une autorité unique. Elle doit être opérationnelle au 1er janvier prochain. La seconde phase sera mise en oeuvre au 1er janvier 2000. A partir du schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR) qui doit être élaboré avant le mois de juin prochain, la réorganisation des services de secours sera engagée dans le Territoire. Avec pour conséquence quasi certaine la fermeture de plusieurs des 14 casernes du département. Même si aucune décision n'est encore prise, les centres de Valdoie, Méziré, Bourogne, Offemont et Morvillars (et non Grandvillars, annoncé hier par erreur) semblent les plus menacés. Personne n'ose le dire aujourd'hui à voix haute mais certains élus aimeraient bien parvenir à centraliser les services autour de trois centres principaux : à Belfort pour l'agglomération, à Delle pour le Sud du Territoire et du côté de Giromagny au Nord.
TAXES COMPENSATOIRES
Avant d'en arriver à cette extrémité, il s'agit d'abord de procéder à la départementalisation des services d'incendie et de secours. La réunion du conseil d'administration du SDIS, ce soir à l'hôtel de Ville de Belfort, revêt sur ce point une importance capitale. Sous le regard attentif des sapeurs-pompiers attendus en nombre, les administrateurs doivent décider le montant des contributions qu'ils entendent demander aux différentes collectivités. De 20 millions de F en 1998, le budget du SDIS dépassera la barre des 50 millions l'an prochain, répartis entre le District (60%), le conseil général (20%) et les communes extérieures au District (20%), ces dernières opérant un transfert du coût des centres communaux vers le SDIS. « Depuis plusieurs années, les budgets consacrés aux sapeurs-pompiers par le conseil général et le DAB ont fortement augmenté. Les collectivités disent aujourd'hui : "On ne peut pas supporter une hausse de 10 ou 15%". Pour atteindre notre objectif, il faut trouver de nouvelles recettes », indique Robert Bolle-Reddat. Le président du conseil d'administration du SDIS explique qu'un débat national est en cours sur ce dossier. « Une taxe sur les assurances est à l'étude. Car plus les secours font d'efforts pour intervenir rapidement, moins le coût est important pour les assurances. Autre possibilité : une taxe sur les "générateurs de risques", telles les autoroutes qui pourraient apporter une contribution puisqu'elles génèrent des risques. Enfin, il faut que l'État fasse un effort pour que tous les départements soient au même niveau...» Ce soir, les administrateurs du SDIS examineront les modalités du transfert des personnels, des matériels et des biens immobiliers des communes au service départemental.
RÉPONSE NÉGATIVE À PROUST
Contrairement au voeu formulé par le président du conseil général Christian Proust, Robert Bolle-Reddat n'a pas convoqué les maires des 102 communes du département avant cette réunion. « J'ai reçu sa demande mardi et je ne peux pas faire de miracle. J'ai répondu au président du conseil général que je suis tout autant que lui attentif à la concertation mais cela me semblait difficilement réalisable, d'autant plus que tout est fonction des décisions qui seront prises ce soir. La départementalisation et l'élaboration du SDACR sont des problèmes importants qui doivent être discutés et je prendrai contact, en temps utile, avec les présidents de l'association des maires, Gérard Guyon, et de l'association des maires ruraux, Roger Lauquin afin de rencontrerles maires », précise Robert Bolle-Reddat.
LE COÛT DE LA SÉCURITÉ
Celui-ci rencontrera, dès le 29 octobre, les maires des 14 centres de secours du Territoire. « C'est une réunion prévue de longue date au cours de laquelle nous aborderons les conventions de transfert des personnels et des matériels ainsi que le transfert des budgets communaux », explique le président du conseil d'administration du SDIS. Étalée sur plusieurs années, la réorganisation des services de secours dans le Territoire ne se fera pas sans difficulté. L'équation posée est simple : comment assurer un niveau d'intervention optimum en tous points du département tout en contenant un budget qui ne cesse d'augmenter de par l'accroissement des besoins, la multiplication des risques et le développement du coût et de la technicité des matériels, impliquant des formations de plus en plus pointues ? Examinée sous cet angle, la solution est loin d'être évidente.
Une taxe pourrait être instaurée pour que les sociétés autoroutières, comme la SAPRR sur l'A 36, participent au financement des secours qui interviennent régulièrement sur l'autoroute.











