Le week-end dernier au salon des associations, le centre d'exposition permanente de matériel pour handicapés, qui propose du matériel spécialisé pour les handicapés, une formation pour eux et de l'information pour tous, offrait à qui le voulait d'essayer en fauteuil roulant d'évaluer les embûches qui sèment le parcours quotidien des handicapés moteur. « Nous nous sommes inspirés, pour cette expérience, d'une exposition sur la malvoyance », explique Marcel Camillieri, éducateur au centre d'exposition permanente.« Une pièce avait été plongée dans l'obscurité et les visiteurs devaient éviter les obstacles répartis». De la même façon, on devait ici tâcher de se déplacer tant bien que mal sur une chaise roulante, de tourner ou de gravir un plan incliné. « Bien sûr, cela ne donne pas une idée exacte de la situation d'un handicapé, mais ça sensibilise les gens aux difficultés que rencontre chaque jour une personne tributaire de son fauteuil roulant : il y a les trottoirs, les portes, les étages à gravir », ajoute Marcel Camillieri. L'éducateur précise aussi qu'il faut savoir se mettre sur les deux roues arrières pour franchir les obstacles, ce qui suppose une force physique que n'ont pas tous les handicapés moteurs. Paul-Edouard essaie une chaise roulante. Il n'a que dix ans et, plein de vigueur, proteste pourtant : « C'est fatigant, de rouler en fauteuil. Et puis ça m'agacerait d'être toujours dans un fauteuil, parce que je ne pourrais pas bouger comme je veux, alors que je suis toujours en train de courir partout ». L'expérience, pourtant instructive, n'aura tenté que les enfants. « Les adultes manquent de courage pour essayer, note Marcel Camillieri.On croit toujours que cela porte malheur d'essayer des béquilles, alors un fauteuil roulant, vous pensez !» Et pourtant, cela serait utile pour évaluer, quelques instants durant, les progrès qui restent à faire pour permettre aux handicapés de mener une vie décente.











