Le projet de charte du sport explicitant la politique sportive de la Ville de Strasbourg a été présenté aux représentants des clubs.
C'est une première en France : la Ville de Strasbourg va bientôt se doter d'une charte du sport, qui indique les orientations de la politique sportive de la Ville et précise les droits et obligations de chacun dans le milieu sportif. Une première mouture du document, comportant douze pages et 20 pages d'annexes, a été envoyée à l'ensemble des associations sportives strasbourgeoises au mois de juin, afin que celles-ci puissent en prendre connaissance et présenter leurs commentaires et éventuelles propositions de modifications. Robert Herrmann, adjoint au maire chargé des sports, a reçu jeudi les représentants des clubs pour discuter avec eux de ce projet de charte. Un peu « déçu » par le peu de commentaires sur le document qui lui sont parvenus jusqu'à présent, l'adjoint a rappelé les objectifs de la charte, qui sont de « clarifier les rôles et missions de chacun » dans un contexte de grandes évolutions sociales, économiques et législatives, d'établir une « culture de contrat » et de préciser les droits et devoirs de chacun, afin de « protéger les dirigeants bénévoles et les élus ». Mais Robert Herrmann a surtout cherché à rassurer les dirigeants des clubs : « Il n'y aura pas d'application brutale de la charte». La Ville respectera les orientations et les priorités de chacun, tout en cherchant à favoriser la démocratie dans les associations et la transparence vis-à-vis de la collectivité. Cependant, il n'est « pas question d'une municipalisation des clubs ».
S'INVESTIR DANS LES QUARTIERS
Robert Herrmann s'est également attaché à expliquer certaines dispositions de la charte suscitant des inquiétudes, notamment la question de l'ouverture des clubs sur les quartiers. « Il ne s'agit pas d'obliger les clubs à prendre des gens sans licence ni contraintes, mais de favoriser la pratique sportive pour le plus grand nombre.» Les clubs sont ainsi appelés à s'investir dans des animations de quartier et à se montrer « plus conviviaux et plus transversaux ». En revanche, Robert Herrmann s'est montré ferme sur plusieurs autres points. Il a ainsi réaffirmé sa volonté de « mettre fin à certaines dérives existant dans le milieu sportif », notamment la sous-location de locaux appartenant à la collectivité et le développement d'activités à vocation purement commerciale, qui seront farouchement combattues. De même, il ne sera pas toléré que la pratique sportive soit exploitée pour développer des pratiques« intégristes ou cultuelles ».
SUBVENTIONS : DES CRITÈRES
En ce qui concerne l'attribution des subventions, un comité présidé par Robert Herrmann et comprenant huit membres (dont quatre représentants de clubs) désignés à parité par la Ville et l'office des sports, sera chargé d'en déterminer les critères. Un autre groupe de travail étudiera le sport de haut niveau. Tous deux devraient rendre leurs conclusions en février 1999. D'ici deux semaines, la rédaction définitive du texte sera présentée au conseil municipal. Il ne sera pas demandé aux clubs de signer la charte, mais ils devront en prendre connaissance et s'en inspirer. L'application de la charte sera prise en compte dans l'attribution des subventions. Par ailleurs, le service des sports a donné les résultats d'une étude concernant le poids économique du sport associatif à Strasbourg (voir encadré), et rappelé les autres travaux dans lesquels il est engagé : la future patinoire (dont l'étude sera bientôt achevée), l'éternel dossier du palais des sports (qui devrait voir le jour en 2004, peut-être à Illkirch) et le site du futur centre de formation des footballeurs du Racing.











