APRÈS AVOIR longuement débattu des orientations budgétaires présentées par leur président (voir en page région), les conseillers généraux bas-rhinois ont entamé un autre débat sur le thème du contrat local de sécurité (CLS) de l'agglomération strasbourgeoise. Avant de se prononcer à l'unanimité en faveur de la participation du Département à ce dispositif à hauteur de 3 MF répartis sur trois ans, les élus se sont interrogés sur la pertinence du contrat.
Négocié à l'origine entre le préfet et Roland Ries, maire de Strasbourg et président de la CUS, le CLS est un plan local d'action contre la délinquance (voir notre édition du 6 octobre). Pour Jean-Marie Lorentz, favorable à cet ensemble de mesures, ce contrat est « important » car il permet de coordonner les actions des instances concernées et reconnaît que les incivilités sont un véritable problème.
MESURE PARMI D'AUTRES
Paradoxalement, c'est un l'adjoint au maire et vice-président de la CUS, Jean-Claude Petitdemange qui a formulé les critiques parmi les plus sévères contre le contrat auquel il manque selon lui deux éléments fondamentaux : un « diagnostic authentique » à la fois de la situation et des attentes de la population et une « stratégie explicite » de la part des institutions. Ce paradoxe n'a pas manqué d'être relevé par les élus de droite formant par ailleurs l'opposition strasbourgeoise, Harry Lapp et Robert Grossmann, ainsi que par Yves Bur, maire de Lingolsheim et siégeant à la CUS. Ce dernier, très sceptique quant à l'efficacité du dispositif, a défini le contrat comme « un catalogue de bonnes intentions plutôt qu'une volonté de s'en sortir ». Yves Bur a toutefois relevé que la signature des services de l'Etat est un élément marquant, tout en espérant que leur action soit bien réelle dans le futur. Plusieurs intervenants ont estimé qu'il serait temps de « mettre fin à la victimisation des délinquants » au bénéfice des victimes. Enfin, Jean-Laurent Vonau s'est exprimé en sa qualité d'élu rural, se sentant lui aussi concerné par ces mesures. La délinquance n'étant plus un phénomène exclusivement urbain, il espère que le monde rural ne sera pas dépouillé,« comme ce fut le cas pour la mise en place des ZEP », pour réorganiser la police urbaine.
340 F PAR COLLÉGIEN
En conclusion, Philippe Richert, heureux qu'il y ait eu débat a bien spécifié que ce CLS n'est pas un remède miracle, mais « un dispositif minimum » et que « rien n'empêche, selon lui, le Département d'aller plus loin». Dans la foulée, il a proposé aussi à ses collègues de participer à l'aménagement du bureau de police (nationale) de Lingolsheim pour un montant de 268 000 F. Parmi les autres rapports adoptés hier, tous n'ont pas donné lieu à de tels développements. Ainsi du rapport sur la dotation de fonctionnement des collèges, les conseillers généraux bas-rhinois décidant de la fixer, pour tous les 88 établissements du département, à 340 F par élève. A quoi s'ajoutent notamment la dotation « entretien », calculée au prorata de la superficie, et un forfait de 18 000 F ou 30 000 F qui sera alloué, pour tenir compte des frais de fonctionnement, aux huit collèges qui seront précâblés et reliés au réseau éducatif d'Alsace (REDA). Quatre collèges seront encore équipés, cette année, pour un coût d'1,8 million de franc, à savoir les collèges de Drusenheim, Strasbourg Arp, Esplanade et Stockfeld. Quatre autres le seront en 1999 : Bischwiller 2, Mutzig, Strasbourg Fustel de Coulanges et Monnet. Répondant à Pierre Grandadam (RPR), qui a souhaité l'accélération de ce programme, le président Richert a indiqué que les autres collèges n'étaient pas prêts. Cependant, il a promis de ne pas retarder les projets qui le seraient en 1999. Autre décision prise, hier : celle de participer à l'extension des locaux d'accueil de l'Office de tourisme de Strasbourg et de sa région, même si d'aucuns ont regretté que le conseil régional ait refusé de s'y associer. Le Bas-Rhin alloue une subvention exceptionnelle de 342 000 F à l'Office strasbourgeois qui vient d'acquérir 130 mètres carrés supplémentaires à l'ombre de la cathédrale. Enfin le Département contribue, pour 1,3 MF sur un budget de 5,1 MF, aux opérations de promotion liées au congrès de l'ASTA (agents de voyage américains) qui se tiendra en novembre 1999 à Strasbourg. Cette manifestation, qui réunira 6000 participants, devrait assurer 30 000 nuitées au hôteliers de la région...
Extension des locaux de l'Office du tourisme de Strasbourg, place de la Cathédrale.
(Photo « L'ALSACE » - Jean-Marc Loos)











