Jason est mon ami. Ce n'est pas ce que je te demande. Barbara et Fred sont des gens intelligents, je suppose qu'ils s'en doutent. Jason aperçut Mary et lui rendit son salut. Je ferai mon possible pour qu'ils ne se rencontrent pas, mais je ne te garantis rien. Jason est un si beau jeune homme et ce Tony..., on dirait un jeune premier de cinéma ! Tu crois que c'est une fatalité génétique si les garçons beaux à mourir sont toujours homosexuels ? Adam secoua la tête d'un air ironique. Décidément, c'est le jour des clichés et des stéréotypes. Je n'aurais pas cru ça de toi ! Et puis, il y a des exceptions... Regarde ton fils ! Ne sois pas de mauvaise foi, tu sais très bien ce que je veux dire, dit Mary en riant. Il est temps que je descende, dit-il en l'embrassant. Je vais demander à Jason et à Tony ce qu'ils pensent de ta théorie. Elle le foudroya du regard. Essaie seulement... Tony ne serait pas choqué. Au contraire, il adore qu'on lui dise qu'il est beau. On dirait que tu t'es habitué à l'idée que Tony est rentré. Est-ce que je me fais des idées ? Je ne sais pas si je pourrai jamais lui pardonner la façon dont il a traité Jason... Mais force est de constater que, depuis qu'il est revenu, Jason a l'air heureux comme je ne l'avais pas vu depuis longtemps. Si c'est grâce à Tony, tant mieux. De quel droit m'interposerais-je entre eux ? S'il s'occupe de Jason, tu n'as plus le même rôle auprès de lui... Je ne dis pas que cela t'exclut... J'ai réfléchi à tout ça ces temps derniers, je t'en parlerai plus tard. Pour l'instant, il faut que je descende, au cas où Barbara et Fred arriveraient tôt... Fais-moi confiance, ils ne seront pas en avance. Ils vont soigner leur entrée, et il leur faut un public ! Maintenant, dis-moi à quoi tu as pensé. Il y avait dans sa question plus qu'une simple préoccupation. Tony et Jason forment un couple. Je n'ai rien à faire entre eux. Et alors ? Alors, il est temps que je parte. J'ai encore quelques travaux en chantier, mais dès que j'ai fini, je plie bagage et je reprends la route. Il avait pris sa décision mais n'en avait encore parlé à personne. Et où iras-tu ? Je ne sais pas encore. Il y a un an, la perspective de découvrir des terres inconnues, de faire de nouvelles rencontres et de se confronter à des façons de vivre différentes l'aurait passionné au point de l'empêcher de dormir. Mais son besoin de bouger était d'une autre nature que la curiosité irrésistible qu'il éprouvait avant. Au lieu de brûler d'impatience devant l'inconnu, il repensait aux villes et aux gens qu'il avait connus, aux amis qu'il avait laissés. Tu ne partiras pas avant Noël ? Non, bien sûr. Son intonation trahissait quelque chose de plus que le simple désir de lui dire au revoir. Pourquoi ? Oh, pour rien, dit-elle d'un ton un peu trop désinvolte. C'est juste que j'ai été trop gâtée de t'avoir si près de moi ces derniers mois, tu vas me manquer... Elle lui cachait quelque chose, il n'était pas dupe ; mais il savait qu'il était inutile de la brusquer, elle le lui dirait en temps et en heure. Tu vas me manquer aussi, maman. Tu n'es pas obligé de partir, Adam. Peut-être, mais je ne vois pas ce que je ferais ici... Elle allait dire quelque chose mais se tut. Dis à Jason que je suis très heureuse qu'il soit là. J'irai lui parler un peu plus tard. Et si tu vois Michael, envoie-le-moi, veux-tu ? Adam rencontra Michael dans le vestibule et lui transmit le message de sa mère. Puis il trouva Tony et Jason dans le bureau, en train d'admirer le tableau au-dessus de la cheminée. Alors, qu'en penses-tu ? Jason se retourna : Je ne suis pas un admirateur de Fragonard, mais je reconnais que ça n'est pas mal.











