Une fois encore revenue d'un rendez-vous mondial les poches pleines de médailles, la délégation tricolore a donné totale satisfaction à Philippe Omnès, le DTN.
UNE « arseillaise » pour commencer avec Hugues Obry et pour finir avec les dames de l'épée. Entre les deux, une seconde médaille d'or (Laura Flessel) et trois d'argent (sabre, épée et fleuret messieurs par équipes). Après Atlanta (7 médailles, dont 2 d'or) et Le Cap l'année dernière (7 médailles dont 3 d'or), et avec La Chaux-de-Fonds l'escrime aura donc vécu ses « trois glorieuses».
Ce qui a fait dire au Directeur technique national Philippe Omnès au soir du doublé de la bande à Flessel « l'escrime française vit son âge d'or ». L'escrime moderne, s'entend. Car si l'on remonte au début du siècle où l'on s'escrimait en petit comité (France-Italie-Hongrie), on trouvera peut-être mieux. Mais depuis 1950, et hors jeux Olympiques boycottés, on n'a pas fait aussi bien. Et jamais on n'avait enchaîné trois années de cette excellence. Les sourires illuminaient tout les visages dans le camp français où l'on dénombrait le chiffre rare de 16 escrimeurs sur 20 avec une médaille autour du cou, deux pour Obry et Flessel. « Après Le Cap, nous pensions qu'il serait impossible de faire mieux. Il y a une médaille de moins, mais collectivement c'est plus fort car quatre des cinq équipes (contre trois en 1997) sont en finale se félicitait Omnès. Même si nous avons des individualités exceptionnelles, une médaille en équipe cela reflète le niveau de l'arme. Les fondations sont solides pour Sydney». On devrait, en effet, retrouver une majorité de titulaires de La Chaux-de-Fonds aux antipodes. Mais la concurrence sera rude car la base s'élargit partout, ce qui n'est pas pour déplaire aux cadres techniques. Autre motif de satisfaction : le succès de la préparation pour des championnats qui se déroulaient pour la première fois en octobre.
FLESSEL SE DÉTACHE
« Nous savions que la préparation avait été bien menée, mais ce qui compte c'est la comparaison avec les autres » poursuivait le DTN. L'an prochain les championnats auront lieu un mois plus tard, à Séoul. Il faudra aménager la préparation, avec sans doute des vacances en juillet car, cette année, les escrimeurs n'en ont pas eues». Un rendez-vous important. C'est en Corée que se disputeront les qualifications pour Sydney. Il faudra que toutes les équipes terminent dans les huit premières pour avoir une formation complète. Arme par arme, Philippe Omnès a fait ensuite son bilan : Fleuret messieurs : « C'est bien avec une équipe renouvelée à 50%. On a un groupe de six désormais, des conditions de travail meilleures et une saine émulation». Fleuret dames : « C'était déja juste, alors quand on perd son leader (ndlr : Wuillème blessée d'entrée). Mais la progression continue et la roue tournera». Epée messieurs : « Le groupe est très fort. Par équipes (une seule victoire en dix ans), je ne pense pas qu'il y ait un problème particulier. Un jour, l'occasion se présentera». Epée dames : « Le grand retour après une année de décompression. On s'inquiètait à tort. Pour moi, Laura Flessel se détache un peu d'un groupe excellent pour ce qu'elle a été capable de faire, à savoir redevenir la meilleure du monde. Elle me fait penser à Srecki». Sabre : « Le regret de ces championnats bien qu'une médaille d'argent soit le deuxième meilleur résultat absolu après l'or du Cap. Menant de 13 touches sur la Hongrie, ils ont manqué d'un peu d'expérience».
Médaillé d'or à l'épée individuelle, Hugues Obry (à gauche) avait été le premier à manifester la hauteur et la réalité des ambitions françaises. Avec ses copains de l'équipe -parmi lesquels Rémy Delhomme, ici à droite-, Hugues n'a pas manqué de récidiver. Et l'argent a été au bout du chemin...











