Le comité de pilotage du TGV Rhin-Rhône tentera, jeudi prochain à Besançon, de faire avancer un dossier frappé d'arthrose.
LA CONFUSION règne dans le dossier du TGV Rhin-Rhône. Une confusion venue à la fois des retards dans la poursuite de la procédure d'études et de la réticence à peine dissimulée du ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire Dominique Voynet devant le projet de ligne à grande vitesse Dijon-Mulhouse.
CAP TENU
La question du respect du calendrier ne se pose pas, estime pourtant Claude Guéant, le préfet de Franche-Comté, préfet coordonnateur, alors qu'elle est jugée centrale par Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse et président de l'association TGV Rhin-Rhône Méditerranée.« Le calendrier annoncé après les décisions ministérielles de poursuite du projet sera tenu, à savoir que les études préalables à la déclaration d'utilité publique seront livrées en décembre 1999 », expliquait hier M. Guéant. Qu'en est-il de la Mission TGV Rhin-Rhône qui devait commencer ses travaux début septembre et dont les bureaux bisontins sont actuellement vides (nos éditions du 4 octobre)? « Les effectifs se rattrapent ! Nous tenons le cap envisagé!» L'exclusion de l'association TGV Rhin-Rhône Méditerranée du comité de pilotage du TGV Rhin-Rhône n'est pas envisagée. Dominique Voynet l'avait suggérée il y a quelques semaines. Le préfet coordonnateur souligne l'antiquité de cette institution ; elle rassemble des dizaines d'élus, y compris de pays voisins et de régions éloignées « qui s'impliquent ou s'impliqueront administrativement ou financièrement dans le projet ». Par contre, un élargissement de la composition du comité de pilotage est concevable. Sans doute dans le sens de l'accueil d'associations écologistes.
UTOPIQUE BRANCHE SUD
Les interrogations fusent également lorsqu'il est question de la branche sud du TGV Rhin-Rhône, cette ligne qui doit longer la rive gauche de la Sâone jusqu'à Lyon. Dominique Voynet l'orne du qualificatif d'« utopie ». Il est vrai que tout reste à faire : le financement des études, l'évaluation socio-économique, les concertations, les études de tracé. Le comité de pilotage de jeudi prochain à Besançon lui consacrera l'après-midi. Ce même jour, la nouvelle convention de financement des études (64 millions de francs) doit être signée. Quant au reste du chantier, Mme Voynet demande, dans une lettre au préfet, que les travaux touchant la liaison Mulhouse-Dijon soient poursuivis « conformément aux décisions gouvernementales » mais que la faisabilité, sous l'angle économique et de la rentabilité d'un éventuel raccordement à la ligne actuelle, d'une première tranche de travaux Mulhouse-Besançon, soit examinée. Le risque de la « course de lenteur » est bien réel.











