Les lycéens ont manifesté dans toute la France contre les classes surchargées, la mauvaise organisation des emplois du temps, les mauvaises conditions de travail.
Les lycéens sont à l'évidence très mobilisés. Dans certaines académies, plus de la moitié des élèves étaient dans la rue. Le mouvement n'a pas touché que les grandes villes, des agglomérations moyennes ont eu elles aussi leurs cortèges. Au total, entre 50 000 et 80 000 lycéens ont dû descendre dans la rue. La plupart des organisations de l'enseignement ont exprimé leur soutien au mouvement lycéen. C'est la cas de la Fédération CGT de l'éducation, de la recherche et de la culture (FERC), qui juge « justifiées » les demandes des lycéens, du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU), de Force ouvrière et de sa fédération de l'enseignement. Soutien également de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP). A Paris, ils étaient environ 10 000 (source policère) à défiler à partir de la Nation mais surtout de la place Denfert Rochereau en un cortège compact en direction du ministère de l'Education nationale. En province, les lycéens ont également manifesté en nombre. Ils étaient 8 000 à Bordeaux, 4000 à Grenoble, plus de 3000 à Vannes, 3000 également à Toulouse, 2000 à Avignon, autant à Béthune, Saint-Etienne, Saint-Brieuc, 1700 à Auxerre, 1000 à Besançon, Vesoul ou Bourg-en-Bresse, plusieurs milliers dans le département du Nord, notamment à Lille, Dunkerque et Valenciennes, 900 à Lyon, 800 à Draguignan, Thionville ou Belfort, 600 à Arles, autant à Riom. Des centaines également dans de petites villes comme Lure, Tarascon, Aubagne. Il y a eu quelques interpellations après des bris de vitrine ou de voiture, comme à Thionville ou Besançon.
MESURES IMMÉDIATES
Le matin, Claude Allègre, qui avait réuni les recteurs pendant le week-end, a annoncé quelques mesures immédiates et d'autres à terme pour régler le problème des lycées et notamment le manque d'enseignants. Ainsi, le ministre de l'Education nationale a déclaré à la presse qu'il avait demandé, dès le week-end, aux recteurs d'engager des enseignants contractuels, puisant dans les listes d'admissibles aux concours, pour combler les déficits. Il a précisé que ceux-ci se trouvaient essentiellement dans quelques disciplines comme l'Education physique et les Sciences de la vie et de la terre, où il y a un« vivier » de candidats, mais aussi en espagnol et dans des disciplines professionnelles où, en revanche, existe un « vrai problème » du fait du manque de candidats. M. Allègre a également annoncé des mesures pour l'an prochain permettant de mieux gérer les recrutements et mutations d'enseignants et d'éviter donc les postes vacants à la rentrée. Le ministre a réaffirmé qu'il« comprenait » que les lycéens réclament des enseignants mais il a ajouté : « Je ne suis pas un magicien, je ne peux pas donner tout tout de suite ». Il a rappelé que le problème des locaux n'était pas de son ressort mais de celui des Régions et fait valoir qu'on s'attelait également au problème des « déficits importants » en personnels non enseignants et notamment en surveillants.
A Strasbourg, les manifestants ont défilé à l'instigation de leurs camarades « banlieusards » du lycée Le Corbusier.
(Photo « L'ALSACE » - Jean-Marc Loos)











