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Sur les pavés, le flop...

Dix jours après les Montbéliardais, les lycéens de Valentigney se sont offerts « leur » manif hier lundi. La sauce n'a pas pris dans la cité des Princes où la manifestation a viré au fiasco.

NOUS ne sommes pas là pour casser, simplement pour dire notre ras le bol » n'en finit pas de marteler Guven, élève de terminale au lycée Armand Peugeot de Valentigney.

Le porte parole des 200 élèves qui viennent de quitter en cortège l'établissement scolaire. Il est un peu moins de 9 h et une manifestation lycéenne se profile à l'horizon du ciel boroillot. Massés dans la cour du lycée, les élèves de seconde, première et terminale boudent les salles de classe. Le proviseur de Brix descend alors dans l'arène pour ouvrir le dialogue. Écouter les revendications des élèves. Des revendications qui fusent de partout. « Il est question de supprimer le bac blanc. Pas d'accord, lance Fadil, en terminale ES. Le bac blanc, c'est comme un coup d'essai. Ça nous permet voir de ce qu'est un examen tout en nous préparant au baccalauréat». Un avis qui n'est pas forcément partagé par le proviseur, lequel ne voit pas la nécessité d'une telle épreuve. « Reste que le bac blanc n'est pas supprimé. J'estime que ça ne sert à rien et je ne vois pas l'intérêt de stresser les élèves quatre mois avant le bac avec ce type d'examen simulé. Pour autant, s'il faut l'organiser, je le ferai». Là ne s'arrête pas le mécontentement des lycéens. Pèle mêle, ils dénoncent « les emplois du temps impossibles », « les classes surchargées » ou bien encore « les repas qu'il faut prendre sur le pouce». Chacun y va de son cas particulier. Certains dénoncent les classes surchargées : « 40 par classe, c'est de la folie». Quarante ?« Tous au plus, nous avons deux classes à 34 élèves » rectifie le proviseur. « Il y a toujours trop d'élèves par classe évidemment mais à force de vouloir mettre « trop » à toutes les sauces, ça ne veut plus rien dire. Ce mouvement n'est absolument pas justifié. Téléguidé sans doute... A force, les lycéens finissent pas se discréditer. Vraiment dommage. Leur action n'a plus de sens...»

LES CRS SONT LÀ

En tout cas, elle est partie dans tous les sens hier matin. Entre 300 et 400 élèves ont quitté le lycée vers 9 h. Seulement la moitié (et encore) ont battu le pavé des revendications lycéennes. Qu'ont fait les autres ? Sans doute un baby dans le café du coin ou siroté une menthe à l'eau bien au chaud tandis que les copains partaient pour une grande marche, certains de leur colère, pas vraiment de leur itinéraire. Sur le pont qui enjambe le Doubs entre Valentigney et Audincourt, la manif est indécise. Certains veulent allez battre le rassemblement au portes du lycée Fernand Léger, d'autres au Grand-Chênois. Finalement, le cortège se retrouve place du Temple où les manifestants s'engouffrent dans un bus Diam. Comme le chauffeur refuse de démarrer, les lycéens redescendent et reprennent la marche. Jusqu'au Grand-Chênois où les attend un détachement de CRS. Pas question de vivre les débordements d'il y a dix jours, d'essuyer de la casse dans les établissements. La police joue la carte maximale de la sécurité. Et aucun incident ne sera à déplorer. Il faut bien avouer que les lycéens de Valentigney ne cultivent aucune intention belliqueuse. « Nous n'avons pas envie que l'action dégénère. Évidemment, nous ne sommes pas à l'abri de ceux qui peuvent s'infiltrer dans le groupe dans l'intention de casser mais ça nous ne le voulons pas » assure Vincent, élève de terminale. Aux portes du Grand-Chênois, policiers nationaux et CRS -une compagnie de Chalon-Sur-Saône- interdisent l'accès à l'établissement. Replis des manifestants devant la cité Viette où une délégation parlemente avec les deux proviseurs. Délégation qui est autorisée à faire le tour des classes en compagnie d'un surveillant « mais traumatisés par ce qu'ils ont vécu la semaine dernière, il n'est pas sûr que les lycéens du Viette rejoignent votre mouvement » prévient l'un des proviseurs. Seulement une soixantaine de lycéens de la cité Viette rejoint le cortège qui, vers 11 h, décide de mettre le cap sur la sous-préfecture alors que des jeunes des établissements de Bethoncourt et de Grand-Charmont sont aux portes du Cuvier, où là aussi, les lycéens refusent de descendre dans la rue. Tandis que des policiers restent en faction aux abords de tous les lycées, les CRS se transportent au centre-ville. On craint des dérapages. Il n'y en aura pas. Il faut dire que le cortège s'est carrément disloqué au coeur de ville. Il est midi. La marche ça creuse. Et l'appel du ventre semble être le plus fort du côté de l'Acropole où les jeunes grimpent dans les bus pour rentrer au bercail. Ici et là quelques groupes épars sillonnent la ville. Les manifestants se cherchent mais... ne se retrouvent pas. Des électrons libres tombent nez à nez avec les CRS basés devant la sous-préfecture et tournent les talons vite fait. La grande manif lycéenne n'aura pas lieu. C'est le flop... Il reste à s'interroger sur le fondement d'un tel mouvement.

Sous le regard des CRS, les lycéens de Valentigney appellent leurs camarades du Grand-Chênois à rejoindre la manifestation. Un appel qui sera timidement entendu.



(Photos « LE PAYS » - F.J.)

La grande marche de Valentigney à Montbéliard pour quelque 200 lycéens.

Françoise JEANPARIS

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