Quand Sharmba Mitchell pense à son combat contre Khalid Rahilou, samedi à Bercy, une seule image lui vient à l'esprit : celle d'un adversaire lui brandissant la ceinture mondiale WBA des super-légers.
« A chaque fois que je ferme les yeux, je vois le combat et, chaque fois, je gagne par KO », assure l'Américain qui a déjà endormi 29 de ses adversaires avant la limite pour un total de 42 victoires en 44 sorties. « Mais ce n'est pas pour cela que je vais chercher le K.O. Aux points ou avant la limite, l'essentiel est que je reparte avec la ceinture. Que je rentre dans l'histoire des champions du monde.» De son adversaire, il ne connait pas grand chose, lui qui laisse à son entourage le soin d'étudier les cassettes de ses rivaux. Le seul combat de Rahilou qu'il ait vu, c'est celui contre son compatriote Frankie Randall auquel le Français a ravi la couronne un soir de janvier 1997 à Nashville, humiliant l'Américain dans son Tennessee natal. « Je pense que c'était l'occasion idéale pour Rahilou car Randall n'était pas prêt et il a sous-estimé son adversaire », explique Mitchell, déterminé à ne pas commettre la même erreur, celle-là même qui lui a couté la première défaite de sa carrière et la perte de sa ceinture NABF le 18 mars 1994 face à son compatriote Leavander Johnson (arrêt 8e). On croyait même que Mitchell était passé dans le camp des « losers », les perdants que l'Amérique oublie très vite, lorsqu'il s'est incliné trois mois plus tard contre Steve Johnston (arrêt 9e), faux pas qu'il attribue à des mauvais choix et à un certain laxisme dans sa préparation.« J'ai payé pour ces deux erreurs et je vous assure que je ne recommencerai plus », affirme le Washingtonien. « Je ne sous-estime pas Rahilou, même si je sais que je suis plus fort, et je suis préparé mieux que jamais. Prêt à me battre 12 rounds s'il le faut». A28 ans, il veut saisir cette première chance mondiale, celle qui fera de lui un héros, du moins dans sa ville natale de Washington, capitale où il a célébré son anniversaire le 27 août dernier. « Et quand j'aurai gagné, et non pas 'si je gagne', je ferai encore une super-fête à Washington. Et cette victoire aura même un parfum particulier car conquise en France, dans le jardin de Rahilou».











