Nombreux sont déjà ceux qui ont trouvé cette carte à puce verte dans leur boîte aux lettres ces jours-ci. Mais pour s'en servir, il faudra encore attendre un peu.
GADGET ? ublicité ? Surveillance informatique du citoyen ? Beaucoup d'assurés sociaux s'interrogent à propos de la carte Vitale. Marc Rollin, chargé de mission à la caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) de Strasbourg, fournit quelques réponses : « En Alsace, 868 000 cartes doivent être diffusées et le processus est déjà bien engagé. Nous en sommes à peu près aux deux tiers et ce sera terminépour fin octobre ».
Parallèlement aux assurés, les médecins qui en font la demande se voient adresser une autre carte en plastique, la carte de professionnel de santé. Les pharmaciens et les laboratoires suivront.
TANDEM DE CARTES
Les deux cartes serviront dès que les médecins seront équipés en matériel informatique, un équipement pour lequel ils sont d'ailleurs subventionnés à hauteur de 9000 F. « Implicitement, ils y sont obligés, car à partir du 1er janvier 2000, ceux qui passent encore par le vieux système devront payer les feuilles de soins eux-mêmes.» En effet, le tandem carte Vitale et carte de professionnel de santé sert avant tout à supprimer la feuille de soins. Dans les caisses d'assurance-maladie, ont été installées des bornes de lecture. En y introduisant la carte, son détenteur voit s'afficher les informations qu'elle livre : nom, adresse, numéro de sécurité sociale, taux de prise en charge, autant d'éléments qui figurent sur l'actuelle feuille de soins. La carte est accompagnée par une attestation qu'il faut garder, tandis que l'ancienne carte d'assuré social n'est plus valable. Contrairement à ce que pensent certains, Vitale ne remplace nullement le carnet de santé qui lui, contient des informations médicales.
FEUILLE ÉLECTRONIQUE
Si le médecin possède l'équipement informatique adéquat, lors de la consultation du patient détenteur de Vitale, il introduira d'abord sa carte de professionnel de santé dans l'ordinateur, puis la carte Vitale et remplira la « feuille de soins » sur l'écran en cliquant sur les différentes fenêtres qui apparaîssent. Puis, il imprimera l'ordonnance, le patient le règlera et le praticien lui remettra un reçu. Il enverra ensuite cette « feuille électronique » à la caisse de son patient, avec laquelle il sera en réseau. Gain pour l'assuré : il n'y a plus de feuille de soins à envoyer par la Poste. Pour l'heure, reste l'ordonnance à envoyer, mais les pharmaciens seront eux aussi équipés à terme, pour fonctionner en réseau avec les caisses, de même que les autres professionnels de santé : à moyen terme, tout le système devrait fonctionner par télétransmission. Un réseau informatique comparable à un Internet fermé et sécurisé. « Le médecin ne peut rien ajouter à la carte Vitale », précise Marc Rollin. « La finalité du système est d'obtenir un remboursement direct, plus rapide. Le circuit informatique est sécurisé et doit aussi servir, plus tard, à échanger des informations dans le milieu médical qui pourront se substituer aux tonnes de papier circulant actuellement ». Le système est une première en Europe. Aujourd'hui, les caisses attendent que les médecins soient prêts. Il y aura une montée en puissance progressive en 1999 et à l'horizon 2000, le réseau devrait être opérationnel.
A la CPAM de Strasbourg, les bornes de lecture sont déjà installées. On y glisse sa carte Vitale pour obtenir son « curriculum vitæ » d'assuré social.
(Photo « L'ALSACE » - Jean-Marc Loos)











