- Venez voir, la cheminée fume ! C'est peut-être pour la dernière fois».
- Mais, mon bon monsieur, de quelle cheminée parlez-vous ? Parce que, vous savez, une cheminée qui fume, en cette saison et par cette météo, c'est somme toute normal. - D'accord, mais cette cheminée n'est pas comme les autres. C'est ''la'' cheminée, celle de Filanova. Vous savez l'usine textile que l'on est en train de raser du côté de la caserne des sapeurs-pompiers. - Ah bon ! Mais pourquoi fume-t-elle, si l'usine est en cours de démolition ? - On m'a dit là-bas, qu'on va la détruire, cette cheminée. Certains auraient bien voulu la conserver pour que l'on n'oublie pas l'ancienne vocation textile de Guebwiller, mais les élus ont fait un calcul : cela revient plus cher à la garder debout que de la raser. Alors, ce sont les démolisseurs qui y font un dernier feu, m'a-t-on dit. Ils montrent quand même du coeur, ces démolisseurs en la faisant vivre une dernière fois. Vous ne trouvez pas qu'elle a une allure de condamnée, cette cheminée d'usine qui fume peut-être pour la dernière fois ? - Peut-être bien que oui ! Mais, c'est triste comme un chant de cygne.
La cheminée de Filanova : un dernier panache avant la disparition.
(Photo « L'ALSACE » - BE)











