Pour les gamins, « le racisme c'est quand on n'a pas la même race... ». Depuis plus d'un an, le MRAP propose un « jeu de lois-racisme hors-jeu » que les enfants de Bethoncourt ont découvert.
« LE RACISME, c'est la bêtise. Il dégrade l'autre. Si je frappe une autre personne, il faut que j'accepte l'idée qu'un autre pourra me frapper. Moi, je peux tout contre le racisme... » Sur un tableau accroché au mur, les gestes et les mots qui font le racisme. A côté les articles de lois qui punissent. Au sol quatre-vingt dalles, façon jeu de l'oie ou jeu de dames. Sur les cartons blancs sont reproduites ce que l'on appelle les infractions. Sur d'autres on y trouve les lois correspondantes. Des équipes de quatre joueurs progressent chacune leur tour à grands coups de dé. « Le déroulement est parsemé d'embûches, explique Henri Pelé, responsable national du MRAP chargé de la formation et de l'éducation. Elles peuvent alors êtres surmontées grâce à une coopération active entre les joueurs et à la découverte de « dalles lois » correspondantes. Un divertissement qui met concrètement en jeu les enfants face au racisme. Il traduit la réalité juridique dans un langage concret et accessible qui utilise un graphisme suggestif. Il peut s'inscrire, de plus, dans des projets d'initiation à la citoyenneté. »
LE RACISME EN PRIMAIRE
Alors pourquoi le MRAP crée-t-il ce jeu pédagogique, collectif et coopératif ? « Tout simplement pour faire découvrir aux jeunes la loi contre le racisme, explique encore Alain Pelé. On a commencé par faire plusieurs supports dans le domaine scolaire. Il y a trois ans on a été sollicité par les enseignants du primaire, débordés par ces problèmes de racisme. La commission éducation du MRAP a beaucoup travaillé avec les enseignants pour différentes actions à envisager. L'aspect ludique nous a paru la meilleure façon d'aborder le sujet avec les enfants. Nous avons donc créé ce jeu qui se déroule un peu à la façon du jeu de l'oie avec un dé qui permet d'avancer au sol sur des dalles. Nous en avons fait un "jeu de lois" ». Ainsi au fil des jets de dié, les participants découvrent certaines situations liées à des articles de lois. Ce sont des situations qu'ils peuvent vivre un jour. Ils apprennent alors que des lois les sanctionnent. Car eux aussi dès leur plus jeune âge, ne sont pas épargnés par le racisme souligne encore Alain Pelé. Il s'agit de tout un travail d'éducation et tous les animateurs doivent être sur le pont pour lancer cette campagne. « Dans le pays de Montbéliard les règles du jeu ont été envoyées dans les écoles, collèges et structures jeunes, beaucoup sont déjà demandeurs car il est bien évident que ce "jeu de lois" ne va pas rester qu'à Bethoncourt. Il va tourner un peu partout pendant plusieurs mois. La grande idée du MRAP, est qu'il perdure jusqu'à la semaine contre le racisme en mars 99. Conférences et expositions sont déjà prévues à l'Arche d'ici là. Ce jeu a reçu le soutien du Ministère de la jeunesse et des sports. Cette première journée d'animation, point de départ de la campagne contre le racisme a été mise en place par Denis Sommer, président du MRAP à Bethoncourt. Après 18 mois, les 25 « jeux de lois»» ont touché plus de 10 000 enfants en France.
Alain Pelé, responsable national du MRAP est venu expliquer le nouveau « jeu de lois » à Bethoncourt.











