Du carter cylindres à la plus petite rondelle, le moteur « ordinaire » monté sur la voiture de Monsieur Tout-le-monde compte en moyenne 450 à 500 pièces. Sur le V10 Peugeot de F1, on en dénombre... 3240. Sur le nombre, l'atelier d'usinage mécanique prototypes de Sochaux en fabrique cinq, et assure la finition de quelques autres. En fabrication, il s'agit des arbres à came utilisés en course (quatre par moteur) ainsi que des vilebrequins, de course comme de développement. En finition, l'unité sochalienne assure le traitement thermique de certains des pignons de la cascade qui transmet le mouvement du vilebrequin aux organes périphériques. Fierté des Sochaliens : ils réalisent les pignons soumis aux plus fortes contraintes. Chaque année, l'écurie « consomme » une centaine de moteurs. Ce qui représente à Sochaux une soixantaine de vilebrequins et environ 250 arbres à cames (réalisés avec une technologie identique). La différence est facile à expliquer : sur la grille de départ de chaque course, vilebrequins et arbres à cames sont neufs. Mais ils sont réutilisés par la suite dans les moteurs d'essai. Au fil de la saison, moteurs et châssis évoluent. Les hommes de l'atelier d'usinage protos de Sochaux sont donc contraints de s'adapter en permanence, de développer une réactivité considérable. Qualité constante, délais de livraison, confidentialité totale et... prix sont les quatre mots d'ordre. Pour François Roth, Peugeot-Sport est un client exigeant, qui doit être parfaitement satisfait. La réalisation des pièces de F1 représente en effet un laboratoire pour l'atelier sochalien. Et 12 à 15 % d'un chiffre d'affaire annuel de 70 millions de francs.











