(sw) Jean-Paul Didierjean et son épouse née Christiane Allonas, domiciliés 15, rue Pasteur à Wintzenheim-Logelbach, auront la joie de fêter demain vendredi 9 octobre le 50e anniversaire de leur mariage. C'est en effet, le 9 octobre 1948 à Marckolsheim que le couple s'est uni pour la vie. Mme Didierjean est née le 9 septembre 1924 à Paris. Au décès de sa mère en 1930, elle s'installe à Marckolsheim dont était originaire son père. Après avoir fréquentée l'école primaire puis effectué des études post-scolaires, elle seconde son père, maître-tailleur jusqu'à l'âge de 18 ans. En 1942, elle fut incorporée de force dans le RAD et le KHD en Westphalie, où elle dut travailler dans une usine fabriquant des munitions. Libérée au bout d'un an, elle a été employée des PTT jusqu'en 1945. Mme Didierjean a un frère qui habite aujourd'hui encore à Marckolsheim. Jean-Paul Didierjean est quant à lui né le 26 avril 1923 à Marckolsheim, son père étant maître-coordonier. Il avait deux frères dont un était prêtre, et une soeur, tous sont à ce jour décédés. En 1938 et 1939, il travailla à Wittisheim, avant d'apprendre fin 1939 le métier de boulanger. En juillet 1940, ayant refusé d'adhérer aux jeunesses hitlériennes, et d'aller travailler en Allemagne, il a été forcé de travailler comme manoeuvre sous la surveillance de l'organisation nazie (TODT). M. Didierjean s'est particulièrement distingué pendant l'Occupation allemande de 1940 à 1945. Dès octobre 1940, âgé de 17 ans, après son retour forcé en Alsace, annexée à l'Allemagne, après avoir été évacué avec ses parents en septembre 1939, il s'est immédiatement fait remarquer par son attitude anti-allemande et anti-nazie. Après plusieurs tentatives d'évasion d'Alsace, dans le but de rejoindre les Forces françaises libres, il a finalement été arrêté, emprisonné à Mulhouse, puis déporté dans le camp de Schirmeck. Par la suite, il a été incorporé de force dans l'armée allemande. Muté en Russie par mesure disciplinaire, il s'est évadé, dès son arrivée au front, dans des conditions particulièrement dangereuses.
SÉJOURS EN INDOCHINE
Après avoir été interné dans divers camps de prisonniers de guerre, il a été transféré dans le sinistre camp de Tambow, en décembre 1943. Au mois de juillet 1944, il a été remis aux Autorités françaises et rapatrié en Algérie. Dès son arrivée en Afrique du Nord, il a signé un engagement volontaire au titre des troupes coloniales, puis dans une unité combattante, avec laquelle il a encore participé à la campagne d'Allemagne. Volontaire pour l'Extrême-Orient, il a rejoint l'Indochine en novembre 1945, avec le corps expéditionnaire du général Leclerc. Il a ainsi participé à la pacification de la Cochinchine, du Sud-Annam et du Tonkin. Rapatrié en juillet 1947, il a été démobilisé en novembre de la même année, et admis immédiatement dans la gendarmerie nationale. Affecté à Horb (Allemagne) puis à Berlin. A nouveau volontaire pour un second séjour en Indochine, en 1950, il a été affecté à la gendarmerie coloniale à Mytho (Sud-Vietnam) puis à Poulo-Condore. Ayant contracté une grave maladie, il a été rapatrié sanitaire en 1952. Affecté à la brigade de gendarmerie à Hagenthal, il a été muté, pour des raisons de santé à l'état-major du groupement de gendarmerie du Haut-Rhin, à Colmar, en 1955. Toujours pour des raisons de santé, il a dû terminer sa carrière en 1972, comme officier de police judiciaire adjudant de gendarmerie, secrétaire à l'état-major précité.
UN ANCIEN COMBATTANT ACTIF
Dès sa retraite, il s'est entièrement consacré aux Anciens combattants. Membre de nombreuses commissions du ministère des Anciens combattants, il est vice-président du conseil départemental des Anciens combattants du Haut-Rhin, depuis 1993. Parallèlement, il a été et est toujours particulièrement actif dans de nombreuses associations patriotes. Actuellement, il est président départemental de l'Association des déportés, internés, familles et PRO du Haut-Rhin et membre du conseil d'administration national de l'UNADIF à Paris. M. Didierjean a obtenu maintes distinctions honorifiques à titre militaire. Il est notamment officier de la Légion d'honneur, titulaire de la médaille militaire, de la croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945 et d'Indochine, de la médaille des évadés, de la croix du combattant volontaire de la résistance, de la médaille de la déportation pour faits de résistance, de l'insigne des blessés de guerre, etc. A titre civil, il est chevalier des palmes académiques. D'autre part, M. Didierjean vient de se voir décerner le 11 septembre dernier à la préfecture, la haute distinction de commandeur dans l'ordre national du Mérite. Habitant dans le même quartier à Marckolsheim, c'est là que M. et Mme Didierjean ont fait connaissance. Ils se connaissent donc pratiquement depuis leur enfance. De leur union sont issus trois enfants mais malheureusement un de leurs fils est décédé à l'âge de 19 ans ; leur autre fils est marié et installé à Ribeauvillé où il est professeur et leur fille est mariée, installée à Paris et également professeur. Jean-Paul et Christiane Didierjean sont les heureux grands-parents de quatre petits-enfants. M. Didierjean, adjudant de gendarmerie, qui, pour des raisons de santé, a dû prendre une retraite anticipée, se dévoue depuis ce temps entièrement et bénévolement à la cause du monde « Anciens combattants ». Son épouse est la présidente de la chorale Saint-Joseph de Logelbach. Ils ont élu domicile à Logelbach, depuis le 9 octobre 1983. Malgré une santé fragile, ils continuent à se dévouer pour autrui. Une messe d'actions de grâce sera célébrée en l'honneur des jubilaires samedi 10 octobre à 17 h par l'abbé Gabriel Girroy à l'église Notre-Dame de l'Assomption de Logelbach. « L'Alsace » adresse ses félicitations aux heureux jubilaires.
(Photo « L'ALSACE»)











