LE SIÈGE de préfet n'est pas toujours confortable. Dans le département du ministre de l'Intérieur, il est parfois éjectable. Quoiqu'il en soit, le poste de représentant de l'Etat dans le fief du locataire de la place Beauvau nécessite une vigilance de tous les instants. Car l'erreur est ici plus visible qu'ailleurs. Alors, quand Gonthier Friedérici affirme qu'il est un préfet « heureux », on peut le croire sur parole. Aussitôt après, il reconnaît qu'il n'a « pas été insensible, comme tous les fonctionnaires du corps préfectoral et plus encore ceux de Belfort, à ce qui est arrivé à Jean-Pierre Chevènement qui gravit une belle pente sans rencontrer beaucoup de cailloux. Il revient de loin mais le sillon est assez bien tracé pour poursuivre le chemin », malgré son absence momentanée.
En poste depuis exactement un an, Gonthier Friedérici a pris le temps d'étudier les dossiers, de découvrir le terrain et de connaître les hommes avant de s'aventurer dans des prises de position publique, sur une pente qui est parfois glissante. L'homme n'a pas réalisé d'erreur majeure et ses détracteurs sont rares au pied du Lion. Même si son recours effectué devant le tribunal administratif contre la décision du maire socialiste de Valdoie, Yves Ackermann, au sujet de la réduction du temps de travail n'était peut-être pas des plus habiles. Concernant la situation d'Alstom, les propos tenus hier par le représentant de l'État, avec les précautions liées à sa fonction au sujet d'une entreprise privée, ont le mérite d'être clairs. Gonthier Friedérici lance un signal fort : il assure les syndicats et les salariés qu'il sera vigilant sur les réductions de personnel et tout en reconnaissant les nécessaires restructurations, il réclame un effort à la direction. Des propos qui ressemblent fort à ceux déjà tenus par un célèbre adjoint au maire de Belfort...











