Deux Belfortains ont été condamnés hier à six mois de prison et à 100 000 F d'amende pour un trafic portant sur six kilos de résine de cannabis.
L'affaire a débuté le 11 juillet 97 par un cambriolage commis à Foussemagne au domicile de Julien et de ses parents. Un cambriolage dont la finalité était en fait la récupération de 30 g de haschich appartennant au jeune Julien. Selon l'aveu des trois jeunes « monte-en-l'air » identifiés puis interpellés : Anthony, Nicolas -mineur- et Bruno. Les investigations des enquêteurs ont alors porté sur l'origine de la résine de cannabis saisie. Elles ont finalement permis la mise en examen de quatre jeunes gens habitant le Territoire et l'Alsace, lesquels ont été présentés hier devant le tribunal correctionnel présidé par Mme Claire Fermaut. L'un d'entre eux, Mezrod, était en détention préventive depuis le 17 mars dernier.
« PEUR DES REPRÉSAILLES »
Les auteurs du cambriolage initial, Anthony et Bruno, étaient hier accusés d'avoir consommé du haschich et d'en avoir revendu une partie pour financer leur propre consommation. Ce que les intéréssés ont ainsi présenté à la barre : « On ne vendait pas, on dépannait les copains ». Délinquants primaires, les « fourmis » de ce mini-réseau ont été sanctionnées par une peine d'avertissement de trois mois de prison avec sursis. Domicilié à Thann, Alexandre était en revanche présenté comme l'une des sources d'approvisionnement régulière de ses camarades et co-prévenus. Il a en effet reconnu avoir effectivement acquis puis commercialisé -pour partie- 6,6 kg de haschich achetés auprès de Mezrod, à Cernay. Mais celui-ci s'est catégoriquement refusé à donner l'identité de ses fournisseurs qu'il rencontrait à Mulhouse, « au pied des trams ». Un refus qu'il a expliqué par sa « peur de représailles ».
BANALISATION
Avocat de Mezrod, Me Moser-du Barreau de Mulhouse- a souligné d'entrée de plaidoirie « la triste et navrante banalisation » de la consommation de haschich en expliquant qu'il allait prochainement défendre des gardiens de prison ayant organisé un trafic à l'intérieur de leur établissement pénitentiaire. Comme ses pairs, Mes Josée Martinez et Pierre-Étienne Maillard, l'avocat mulhousien a précisé que leurs clients « se sont depuis mis à l'ouvrage, ce qui constitue le meilleur antidote qui soit contre tout risque de récidive ». Il a également cherché à tirer bénéfice des aveux détaillés des jeunes gens en estimant que« cette franchise devrait leur permettre de bénéficier d'une parcelle d'indulgence, d'une prîme à la sincérité ». Alors qu'Anthony et Bruno étaient donc condamnés par trois mois de prison avec sursis, Alexandre Bechler et Mezrod Merabet ont été sanctionnés par 18 mois de prison, dont dix assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve. Avec l'obligation de trouver du travail et d'élire domicile, mais aussi une amende douanière de 100 000 F à régler conjointement.











