Deux Belfortains ont tenté de braquer le bureau de tabac de la Méchelle, il y a trois semaines. Hier, ils ont écopé de 18 mois de prison.
INCARCÉRÉS depuis le 23 septembre, date de leur tentative de hold-up, André et Rifat avaient obtenu un délai pour préparer leur défense lors d'une première présentation devant les magistrats belfortains, sous le régime de la comparution immédiate. Ils ont été jugés hier par le tribunal correctionnel belfortain que présidait Mme Claire Fermaut. Détenteur d'un casier judiciaire à rallonges comptant 18 condamnations depuis 1982, André Ollman a été sanctionné par 18 mois d'emprisonnement ferme. Auteur des menaces avec arme, son jeune comparse, Rifat ajoute une troisième condamnation à son casier et a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve.
DÉFENSE DU BURALISTE
Le 23 septembre vers 17 h 45, André et Rifat se présentent une première fois dans le bureau de tabac du quartier belfortain de la Méchelle. En l'absence de son épouse, gérante, son mari, Daniel est seul derrière son comptoir. Les deux individus font mine de s'intéresser aux journaux rangés sur un présentoir prés de la porte d'entrée de la boutique. Puis ils sortent. Daniel les suit pour aller fumer une cigarette sur le seuil et remarque immédiatemment ses visiteurs qui attendent à quelque pas de là. Quelques instants plus tard, Rifat revient dans le bureau de tabac, alors qu'André reste à l'extérieur pour faire le guet. Sortant un pistolet automatique, Rifat menace le buraliste et lui intime un ordre : « Tu donnes la caisse ». Ce faisant, pour impressionner sa victime, Rifat essaie de manoeuvrer la culasse de son pistolet pour l'armer sans y parvenir. Une empoignade s'ensuit car le buraliste saisit la main armée, dirige le pistolet vers le plafond et essaie de repousser son agresseur. Celui-ci se dégage cependant et prend la fuite avec son complice car le buraliste a, entre temps, saisi « un bâton dissimulé derrière son comptoir, au cas oû ». Tous deux seront arrétés peu après grâce au signalement détaillé fourni par leur victime.
« IDÉE DERRIÈRE LA TÊTE »
Interrogé hier à la barre de l'audience correctionnelle belfortaine, Rifat reconnait être venu de Montbéliard -oû il réside- avec le pistolet dans sa voiture. « Et une idée derrière la tête » complète la présidente. Rifat a rencontré André par hasard dans l'avenue Jean Jaurès et l'a rapidement convaincu de s'associer à ses desseins et de faire le guet pendant son forfait. Selon le procureur Christiane Corey, les deux co-prévenus « considérent leurs victimes comme des objets et peu leur importe le traumatisme occasionné, ce qui importe, c'est de se procurer de l'argent facilement ». Soulignant les antécédents d'André et de Rifat, Mme le procureur requiert à leur encontre quatre ans d'emprisonnement, dont une moitié assortie du sursis pour Rifat, moins connu, bien qu'il ait eu « un rôle moteur » dans l'expédition. Avocat de la défense, Me Alain Dreyfus-Schmidt explique ensuite que ses clients ont agi « sur un coup de tête, poussés par leurs problèmes économiques, et n'ont pas, sur le moment, mesuré la gravité de leurs actes ». L'avocat belfortain souligne que l'arme utilisée était chargée avec des cartouches à gaz et que « la victime n'a été ni frappée ni blessée, mais simplement incommodée par le gaz d'une cartouche qui fuyait ». A ses yeux, André, invalide, a « fait des efforts pour se réinsérer mais l'alcool a été plus fort que lui ». Alors que Rifat, âgé de 21 ans, aurait été victime d'un « accident de parcours ». Après délibéré, les deux prévenus ont donc été condamnés à 18 mois de prison ferme.











