Hier soir, les élus de Châtenois ont posé leur ultimatum pour le tracé du contournement. Ils menacent de démissionner.
C'est un conseil municipal agacé qui s'est réuni sous la présidence du maire Pierre Risch, hier soir à Châtenois en séance extraordinaire. Un unique point était à l'ordre du jour : la déviation de la commune par la RN 59. Suite à la présentation par l'Equipement en juin dernier du projet de tracé qui est pressenti pour être soumis à l'enquête publique début 1999, les élus de Châtenois ont constaté que leurs observations formulées en mai 97 n'avaient pas été prises en compte. Ils ont le sentiment « d'avoir été pris pour des imbéciles,» a dit d'emblée l'adjoint Jean-Jacques Goldstein, « la DDE nous a menés en bateauen nous présentant cinq variantes pour nous faire croire que nous aurions la possibilité de choisir.» Il a également mis en cause le préfet et le sous-préfet ainsi que « l'attitude égoïste des communes de Sélestat et Scherwiller qui délibèrent sans gêne aucune en lieu et place de Châtenois en faisant semblant d'ignorer que le contournement quelle que soit l'alternative se fera naturellement sur le ban de Châtenois.» Il a ainsi directement ironisé sur l'intercommunalité et condamné le comportement des viticulteurs dont l'alternative de tracé « n'a jamais tenu compte de l'intérêt général et les seules conséquences ont été de retarder le dossier d'une ou deux années.» Après cet arrosage tous azimuts, l'adjoint Carl a rappelé les 13 points de la délibération de mai 97 en soulignant que pratiquement aucun n'avait été retenu par l'administration. Le maire Risch a rappelé : « Le contournement est obligatoire. C'est un contournement d'intérêt général. Certes les viticulteurs sont touchés, mais avec nos propositions la perte serait moindre pour eux. Il nous faut maintenant être fermes et que ce contournement se fasse de la façon la plus réfléchie possible.» Le maire a également souligné qu'aucune étude précise n'a jamais été soumise au conseil pour justifier les choix de l'Equipement. Le conseiller Olivier Eckert a proposé d'organiser un référendum pour légitimer la position des élus face à l'Etat. Pour la délibération, le maire a proposé de « reprendre l'intégralité des 13 doléances de mai 97, de solliciter une audience au préfet pour une délégation municipale et des riverains, d'organiser une réunion publique et si nécessaire un référendum et enfin, si le conseil n'est pas entendu, de démissionner en bloc et de faire la grève administrative. Et nous voulons que tout soit réglé avant Noël.» Tous les conseillers ont voté cette délibération excepté Michel Goettelmann : « Par solidarité avec les viticulteurs qui n'acceptent pas que le tracé empiète sur le vignoble A.O.C.»











