« Programme minimum », une pièce de théâtre où le comique jongle avec le délire, sera à la une de l'actualité, prochainement, au théâtre Edwige Feuillère.
COMIQUE de premier rang sur le petit écran, dans le Collaro Show, le Cocoboy ou les Grosses Têtes de Philippe Bouvard, Guy Montagné sera de passage en Haute-Saône le jeudi 15 octobre prochain. La pièce de théâtre qui sera jouée ce soir-là promet une franche partie de rigolade. « Du délire » assure-t-il dans une interview livrée au « Pays».
Guy, n'est-ce-pas un peu sur le tard que vous avez été connu du large public français ?
Il est vrai que c'est seulement à la fin des années 70, dans les spectacles de télé avec Stéphane Collaro, que l'on m'a franchement découvert. On m'a depuis toujours considéré comme un raconteur de nombreuses blagues. Cette fois, cela change beaucoup puisque l'on est trois pour raconter une grande histoire drôle. En fait, on ne me considère que comme un comique. Je dirais que c'est faux car, dans « Programme minimum », je joue plusieurs personnages à la fois. C'est donc plus un jeu de comédien. Comique certes. Lorsque je dis que l'on est trois sur scène, je me trompe un peu, puisque le public, lui aussi, est invité à monter sur la scène...
« J'AIME ENTENDRE LES GENS RIRE »
Qu'est-ce-qui vous passionne le plus : la pièce de théâtre, le one-man show ou la télé ?
La télé, certainement pas. Ce que j'aime, c'est la scène. Seul ou accompagné. J'adore entendre le public rire. D'ailleurs, on est là pour le faire rire, pas pour le faire pleurer. Et contrairement à ce que l'on croit, c'est plus difficile de le faire rire.
Ce n'est pas pénible d'être comique sur les planches, lorsque, comme tout un chacun, on a des états d'âme ?
C'est le côté ingrât de notre métier. Le public n'est pas là pour être déçu parce qu'un comique n'a pas joué à fond son rôle sous prétexte qu'il a des soucis, des angoisses ou le trac. Pourtant, c'est vrai, avant d'entrer en scène, il m'est déjà arrivé de ne pas tenir la grande forme. Mais le plus dur, c'est de convaincre une partie du public, qui est venu avec des a priori pas forcément favorables, de prouver qu'il a eu tort.
Dans votre métier, faut-il se renouveler sans cesse ou plutôt chercher à se renouveler ?
Je dirais qu'il faut un équilibre entre les deux ! Il faut de toute façon modifier une partie de son répertoire, mais ne pas aller trop vite. Je ne vais pas dire du jour au lendemain « je vous préviens, je ne suis plus du tout le même». On est au service d'un public qui se fait une idée sur le comique avant de venir au spectacle.
« L'OURS S'EST CALMÉ! »
Dans la vie de tous les jours, à quoi ressemble Guy Montagné ?
Je crois que je suis plutôt un bon vivant. J'aime faire la java, les plaisirs de la table. En fait, je dois reconnaître que je suis d'humeur variable. Vous savez, on a baptisé notre maison de production « Les productions de l'ours », cela doit vouloir dire que je ne suis pas toujours de bon poil. mais je vous rassure, en vieillissant, l'ours a appris à se calmer.
Si vous n'aviez pas été comique, ou comédien, quel métier auriez-vous choisi ?
Franchement, je ne sais pas ! Ah, si, je crois que j'aurais été cuisinier. C'est mon hobby. J'adore faire la cuisine, j'aime faire le marché. J'ai beaucoup d'amis qui sont chefs cuisiniers. Et Jean-Pierre Coffe est un ami intime.
La vie de famille existe-t-elle chez Guy Montagné ?
C'est le moins que l'on puisse dire. Terry Shane est ma femme, mon co-auteur, mon metteur en scène, et une comédienne. C'est dire si on partage souvent notre vie. Mais on sait faire la part des choses. Dans notre pièce de théâtre, nous avons chacun notre loge ! Je crois qu'ainsi, nos rapports sont plus saints.
Quelle place accordez-vous à l'improvisation dans vos spectacles ?
Dans les pièces de théâtre, il n'y a pas beaucoup d'opportunités, sauf quand les spectateurs montent sur scène comme c'est le cas dans « Programme minimum». Mais là aussi, cela dépend de la façon d'agir du spectateur choisi. S'il est amorphe, on fait dans le concis. Si au contraire, il joue parfaitement le jeu, cela peut devenir un régal. L'improvisation, elle existe aussi avec des événements totalement inattendus. Au début de l'année, lors d'une représentation en Nouvelle-Calédonie, nous avons dû faire face à une panne totale d'électricité. Comme notre pièce se passe dans un studio télé avec de vrais caméras, de vrais télés, il a fallu réellement meubler. Ce fut finalement un grand moment de délire...
VESOUL BOUGE-T-IL ?
Durant votre carrière, vous est-il arrivé de courir après le cachet ?
Il n'y a guère que les stars qui n'ont pas connu ce problème lié, en fait, à une très grande majorité de comédiens. Cela m'est donc arrivé, mais je n'en suis plus là. Plus depuis que je me suis pris en charge. C'est-à-dire que ma maison de production assure tout, de bout en bout. Sauf la venue du public. C'est sûr que si l'on joue devant 50 personnes, financièrement, on est mal. Mais c'est quasiment plein pour Forbach la veille et pour Colmar le lendemain. Pour Vesoul, il parait que cela ne bougeait pas beaucoup jusqu'à début octobre...
Y-a-t-il des gens ou des chaînes de télévision avec qui vous ne travaillerez jamais ?
A partir du moment où je peux me regarder dans la glace le lendemain sans avoir à regretter quoi que ce soit, il n'y a pas de problèmes. C'est sûr que je ne jouerai jamais pour des trafiquants de drogue ou le Front national ! Maintenant, n'allez surtout pas croire que tout est toujours parfait, il y a souvent des coups de gueule. Et si je ne travaillais plus en compagnie des gens avec qui je me suis engueulé, je ne bosserais plus beaucoup ! Le pardon existe. Et de toute façon, je gueule moins qu'avant. Je vous l'ai dit, l'ours s'est calmé.
Guy Montagné et sa femme Terry Shane (au centre) seront à Vesoul le jeudi 15 novembre dans une pièce intitulée « Programme minimum »
(DR)











