Catherine Deneuve est omniprésente dans le terne « Place Vendôme ».
Les grands joailliers français ne sont pas contents du scénario de « Place Vendôme». Ils estiment que cette histoire risque de « réduire toute une profession parfaitement respectable à des pratiques délictuelles et sordides ». Si on les suit, bon nombre de professions auraient souvent des raisons de se plaindre des scénarios de cinéma. Le vrai problème, c'est justement que ce scénario-là est surtout passablement filandreux et qu'il distille rapidement un solide désintérêt de la part du spectateur. D'entrée de jeu, Nicole Garcia -qui signe là son troisième long-métrage- nous la joue compliqué. Qui sont tous ces personnages qui s'agitent dans des bureaux confortables, dans des chambres obscures, dans des magasins cossus ou de sombres officines ? Au début, on se dit que voilà une étrange ambiance « codée » mais on déchante vite car jamais la réalisatrice ne semble vouloir faire entrer le spectateur dans son aventure. Evidemment, on pourrait tenter d'observer ce petit monde de la haute bijouterie avec la loupe -c'est le cas de le dire- de l'entomologiste mais là encore les personnages se dérobent comme s'ils disparaissaient derrière les épaisses tentures qui dissimulent leurs trafics... « Place Vendôme » est donc une histoire de trafics de pierres, de recel et de complicité de recel, une histoire où il apparaît que, si les moeurs sont feutrées et si les voyous (Dutronc et son éternelle lassitude) portent cravate, le grande truanderie frappe aussi chez ces jongleurs du rêve en carats... Comme on reste sur sa faim (la rédemption finale est tirée par les cheveux) on se rabat sur ce qui serait une « mise à nu » d'une comédienne française emblématique. Jamais, disent les gazettes, Catherine Deneuve n'avait été aussi loin... Dans quoi ? Dans le fait de montrer un visage blême, « démaquillé»? On se permet de sourire car on confond, là, joyeusement l'acteur et son personnage. Catherine Deneuve a décroché à Venise la coupe Volpi de la meilleure interprétation. Bravo mais on trouve quand même (peut-être est-ce parce qu'elle porte tout le poids du film) qu'elle charge parfois un peu trop dans le délabrement... D'ailleurs, dès sa première apparition, Nicole Garcia donne le ton en la montrant, accablée, tremblante, buvant et versant du café sur un pull pas très net...
« Place Vendôme »: Seigner, Deneuve.











