« Lulu on the Bridge » de Paul Auster est une fable sur l'amour et la rédemption.
Sans mauvais jeu de mots, il y a un style... Auster. C'est évident pour la littérature et ça l'est aussi pour le cinéma. Cette fois, avec « Lulu on the Bridge », Paul Auster se lance en solo dans la réalisation en retrouvant pour la troisième fois un comédien fétiche, Harvey Keitel déjà présent dans le diptyque « Smoke » et « Brooklyn boogie». « Lulu on the Bridge » raconte l'histoire d'Izzy Maurer, saxophoniste de jazz. Au cours d'un concert dans un club de Manhattan, le musicien est grièvement blessé par une balle perdue et sa vie va basculer... Mais ce qui pouvait, un instant, apparaître comme un fait-divers ou un épisode d'un film noir, va petit à petit se transformer en une fable métaphysique qui balance entre la réalité et l'imaginaire. Izzy Maurer vit-il ses derniers instants et revoit-il sa vie défiler dans un flash-back ? Ou bien a-t-il repris, après son accident, une vie « normale»? Toujours est-il que, dans les rues de New York, il découvre le cadavre d'un inconnu et se retrouve en possession d'une mallette. A l'intérieur, il découvre un numéro de téléphone et une boîte contenant une mystérieuse pierre... Le numéro conduit Izzy à une jeune actrice, Celia Burns (la très belle Mira Sorvino) et sous l'influence magique de la pierre, ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre... On l'a compris, Auster a fait un film sur la magie de l'amour et ce n'est pas un hasard si Celia s'apprête à tourner un remake du « Loulou » de Pabst, tragédie de la rédemption par l'amour. Si la narration d'Auster est parfois complexe, il faut cependant se laisser prendre par l'ambiance non-réelle de « Lulu » et jouer le jeu d'Auster. En l'occurrence, il ne s'agit pas de décortiquer un puzzle ou un message codé mais de se laisser toucher par les sentiments profonds et puissants d'Izzy qui affirme « La vie n'est belle que si on la rend belle». D'ailleurs, ce film à la patte très.... « européen » a parfois la grâce des oeuvres poétiques de Wenders qui devait, au départ, le mettre en scène. Avec « Lulu on the Bridge » (où Salman Rushdie faillit tenir le rôle qui est revenu en définitive à Willem Dafoe), Paul Auster signe un film sur les rêves que chacun porte en soi et sur la manière dont on les laisse s'envoler...
« Lulu...»: Keitel, Sorvino.











