« AH mon Dieu, ah quel bonheur d'avoir une femme bricoleuse!» Tout le monde connaissait la chanson qui exaltait les talents d'un mari adepte du marteau sans pour autant l'être de la faucille, mais il faudrait, si l'on en croit un sondage, modifier quelque peu les paroles du refrain. Selon Castorama, 93 % des Françaises pratiqueraient des activités de bricolage dont l'immense majorité pour des raisons économiques. Il est évident que la crise économique et les problèmes de salaires ont favorisé l'apparition de talents jusqu'à présent cachés. Cette tendance au fabriqué maison ne plaira guère aux artisans qui voient d'un mauvais oeil se développer une concurrence déloyale. Mais il est aussi vrai que la modestie des salaires et la précarité croissante incitent le bipède moyen quel que soit son sexe à se muer en castor. L'art de planter un clou, de fixer une étagère ou de repeindre un plafond est très souvent venu davantage par nécessité que par goût, n'en déplaise aux chantres des douces joies du bricolage, même si 82 % des bricoleuses affirment que ces loisirs favorisent le dialogue au sein du couple. « Chéri passe-moi les clous ! Ah mon amour que penses-tu de cette échelle... » Quand la carte du tendre se transforme en plan de montage, la peinture de moeurs tient davantage du ravalement de façade et les gondoles de l'hyper sont plus souvent fréquentées que les embarcations vénitiennes. Toutefois ce sondage fort édifiant montre que les femmes laissent aux hommes un domaine réservé : l'utilisation des outils électriques coupant ou tranchant. C'est étonnant : la scie ressemble à s'y méprendre à une découpeuse de jambon sans pour autant transformer le mâle moyen en adepte du docteur Petiot. Mais le bricoleur du dimanche, qui n'a rien à voir avec le millionnaire cher à Enrico Macias, peut effectivement trouver dans la maîtrise de la fée électricité une occasion de briller aux yeux de sa douce fée du logis. Celle-ci prouve aux machos les plus enracinés qu'elle est autant capable qu'eux de contribuer à la construction d'un doux foyer digne des rêves des tourtereaux qu'ils furent ou sont encore. Mais, Pacs ou pas, qui aura la garde de l'établi, en cas de rupture d'une union mal cimentée ?











