Création d'une réserve naturelle volontaire et un arrêté de biotope. Deux mesures en faveur de l'environnement qui seront soumises à l'approbation des élus du District le 19 octobre.
AU FIL des années le béton-roi a conquis des pans entiers du territoire. Les espaces verts se réduisant comme peau de chagrin.
Hors de question de faire machine arrière mais plutôt de préserver le dernier carré de nature sauvage au sein de l'agglomération. Il s'agit d'un espace s'étendant autour de Nommay, Dambenois, Vieux-Charmont et Brognard. Depuis trois ans, des réunions avec différents partenaires (DUPM, direction régionale de l'environnement, association de protection de la nature, pêcheurs) travaillent sur un projet de règlement devant aboutir à la création d'une réserve naturelle volontaire au coeur de la zone humide de la Savoureuse.
INCONSTRUCTIBLE
L'objectif est de faire de cet espace une propriété districale qui serait inconstructible afin que la nature puisse conserver tous ses droits. « L'intérêt de cette zone est une continuité longitudinaledepuis Châtenois les Forges, le long de la Savoureuse qui abrite des espèces intéressantes. Il y a également une continuité transversale intéressante avec le contexte de la forêt humide » souligne Jean-Paul Vergon de la DIREN (direction régionale de l'environnement). On peut y trouver talus, prairies, hêtraies... Outre l'aspect préservation de la biodiversité, cette réserve apportera sa contribution à la lutte contre les crues dans le cadre du projet de construction de bassins sur la Savoureuse.
RESERVE EXPERIMENTALE
L'autre objectif est de maintenir le caractère subsauvage de la rivière. Il y a une structure d'échanges entre les différents plans d'eau de la zone et le lit majeur. Il s'agit de limiter le plus possible l'intrusion des hommes sur la zone la plus fragile de la rivière. Soit un petit kilomètre où il ne sera pas possible de pêcher. Les promeneurs et autres vététistes n'auront pas accès également à cette zone. « Nous proposons de mettre cette partie de la rivière en réserve expérimentale pendant trois ans. Cela contribuera à améliorer le caractère halieutique de l'endroit et surtout à nous procurer des données qui serviront à faire un état des lieux». Un argument que les pêcheurs ne veulent pas entendre (voir plus loin). Mais la DIREN se défend de vouloir faire disparaître des pratiques. « Nous ne voulons figer ni la pêche ni la chasse » ajoute Jean-Paul Vergon. Pendant une période transitoire, la réserve sera passée à la loupe pour mieux inventorier les espèces d'oiseaux et les poissons qui peuplent la rivière. En outre, autour des plans d'eau des parkings d'un coût de 800 000 F seront installés afin d'éviter le stationnement anarchique. Toujours dommageable pour les especes végétales.
SECTEUR UNIQUE
Le comité d'études et de préservation des basses vallées de l'Allan et de la Savoureuse se réjouit que cette zone devienne réserve naturelle volontaire.« C'était le seul moyen d'assurer la pérennité de ce secteur qui est unique et qui est complémentaire du milieu de l'Allan. C'est le dernier refuge et un axe important du couloir migratoire de l'axe Rhin-Rhône » souligne Dominique Delfino, chasseur d'images d'oiseaux rares ou de passage dans le secteur et membre de l'association. Le comité réclamait depuis longtemps le classement de cette zone pour que les différents usagers puissent cohabiter dans le respect d'un réglement. Toutefois le comité estime qu'il n'était pas nécessaire d'interdire la pêche dans le secteur.« Il n'y a pas de surfréquentation. Il suffit d'organiser cette activité et de prévoir les parkings». Les élus devront se prononcer lors de la réunion du conseil de district du 19 octobre.
Préserver le caractère sauvage de la zone, c'est l'objectif de la réserve naturelle volontaire.
(Photo « LE PAYS » - P.L)











