La campagne lancée hier par la ministre Ségolène Royal contre le racket est accueillie favorablement par la communauté éducative. Enseignants et parents d'élèves insistent sur la nécessité de briser la loi du silence et considèrent que la présence de policiers aux abords des établissements est dissuasive.
ENTRE septembre 97 et mars 98, trois cas de racket ont été recensés par l'inspection académique dans les collèges et lycées du Territoire. Sur l'ensemble de l'année 97, 25 cas de racket, dans l'enceinte ou aux abords des établissements, ont fait l'objet de plaintes auprès des services de police. Depuis le début de l'année, le nombre de dossiers recensés au commissariat s'élève déjà à 24.
Parce que le Territoire est, comme les autres départements, touché par le phénomène, le lancement d'une campagne nationale contre le racket (notre édition d'hier) est accueillie favorablement par la communauté éducative. « Un relais au sommet de l'État est nécessaire pour que la loi du silence cesse », note la présidente de la FCPE (fédération des comités de parents d'élèves), Maguy Bartoloméi, qui affirme que « certains élèves, aux abords des établissements, ne se sentent pas en sécurité. C'est pour cela que nous demandons un renforcement de la présence policière à proximité des collèges et lycées car c'est un élément qui dissuade les jeunes d'embêter leurs camarades. Il ne faut pas un policier à l'entrée de chaque école mais il faut rappeler aux auteurs de ces faits qu'ils seront punis s'ils enfreignent la loi. Ségolène Royal entend nos revendications. Nous nous en réjouissons. Le problème n'est pas minimisé mais il ne faut pas non plus le mettre en exergue en laissant penser que des bandes rackettent des jeunes tous les jours. Par ailleurs, les parents ne doivent pas fermer les yeux. Que chaque adulte prenne ses responsabilités », demande la présidente de la FCPE qui souhaite « outre une punition, la mise en place d'un dialogue avec les auteurs de racket pour comprendre ce qui les pousse à faire ça.» Le principal du collège Simone Signoret de Belfort, Didier Diez, juge « important que la communauté éducative prenne conscience qu'il y a quelque chose à faire. La campagne engagée permet une meilleure information sur ce sujet que l'on traite toute l'année.
RENFORCEMENT DE LA PRÉSENCE POLICIÈRE
Les notes d'information sont très intéressantes. Elles mettent noir sur blanc les choses que l'on sait », assure le principal. « La plupart des cas de racket ont lieu dans la rue ou les transports en commun », indique le commissaire Bourgeois qui souligne que « la présence des îlotiers est souvent dissuasive aux abords des établissements scolaires. On accroît les patrouilles autour de la place Corbis où les allées et venues des collégiens, notamment pour prendre le bus, sont plus importantes. Dans les affaires de cette nature, un traitement rapide permet de prendre une bonne orientation. En général, si une victime porte des faits de racket à notre connaissance, les auteurs sont rapidement repérés », conclut l'officier de police. Dans le corps enseignant comme chez les parents d'élèves, la mise en oeuvre du contrat local de sécurité est un moyen supplémentaire de limiter le racket, grâce notamment au déploiement d'adjoints de sécurité et d'îlotiers dans les quartiers. Pour que la jeunesse devienne citoyenne en toute tranquillité...
C'est à proximité des établissements scolaires que les cas de racket sont les plus fréquents.
(Photo « LE PAYS » - L.B.)











