Intronisés citoyens d'honneur, les musiciens de Waldighoffen ont goûté au gigantisme et à la vie quotidienne du Texas.
Des Sundgauviens au Texas ! Pour les musiciens du Sundgaugruess de Waldighoffen, émanation de la Concordia, c'est une grande aventure que raconte le chef, Jean-Pierre Kruck...
Projeter et réaliser un voyage à Castroville est-ce difficile ?
Cette semaine aux USA a nécessité une bonne organisation.
Comment tout cela est-il parti ?
Au départ, des propositions classiques pour fêter l'anniversaire de la Concordia. L'idée d'un séjour texan a fait son chemin. Bref, on arriva au 18 août avec nos bagages sur l'aéroport de Zurich : Amsterdam, Memphis, San Antonio, et direction la petite bourgade alsaco-texane : Castroville.
Un programme au pas de charge ?
Le premier jour, lors de la visite de la ville, nous avons donné des sérénades aux habitants : notes d'Alsace, de France qui ont enthousiasmé les Américains. Le soir, grande réception à la mairie pour nous introniser « citoyens d'honneur ». Mais attention, pas de vin d'honneur, tout au plus une orangeade ou un coca. En public, même à la mairie, on ne boit pas d'alcool.
Première impression ?
Elle ne fut pas la meilleure : la « High way 90 » (autoroute) à 4 voies qui coupe Castroville en deux. Et puis soudain on se retrouve plongé dans l'histoire du Texas du milieu du 19e siècle. Un couvent de la Divine providence avec au fond de la cour, une chapelle de 1844, une image de la vie au temps des pionniers : quatre murs et un toit en bardeaux de bois. L'actuelle église, de 1870, ressemble aux lieux de culte de nos villages, avec quelques ventilateurs en plus pour brasser l'air « tropical ».
Et le côté Alsace de Castroville ?
Nous avons visité Castroville à pied et eux nous suivaient avec leurs pick-ups (camionnette à l'américaine) au ralenti. Ces quartiers ont un charme fou. A toutes les maisons est suspendue une enseigne métallique affichant la date de construction et le nom du constructeur : Lather, Naegelin, Walter, Tschihart, Burger ou Suehs. Là, les souvenirs « alsaciens » se bousculent. Non seulement, les noms patronymiques « bien de chez nous » mais également les panneaux accrochés aux maisons : « Do redemer elsaessich ». Nous avons visité le chantier de la maison à colombages de Wahlbach, le jardin et l'arboretum du lycée agricole de Rouffach qui ont été financés par de nombreuses communes de la région.
Et les contacts avec les Américains ?
Plutôt cool. Nous étions invités dans leurs « party ».
Ce qui vous a étonné ?
En privé, vous faites ce que vous voulez, mais en public, la police veille. Nous étions dans un stade pour suivre un match de base-ball. Comme tous les supporters, les jeunes avaient une petite soif. Le plus âgé cherche cinq canettes, les distribue aux plus jeunes et le groupe se retrouve entouré de trois malabars agressifs de la police texane : alcool interdit dans les stades pour les mineurs de moins de vingt-et-un ans. Et voilà nos juvéniles Sundgauviens renvoyés du stade manu-militari. Nous avons visité : Fort Alamo, San Antonio, la base militaire de recrues de l'US Air Force, l'usine de jeans Lewiss Strauss la marque mythique, rencontre avec le député, qui remplace le gouverneur Bush junior, appelé à Washington, grande réception au Capitole d'Austin, un luxueux bâtiment en marbre rose, sans oublier Dallas, ses extravagances et son gigantisme. Côté musique : un concert en plein air annulé pour cause de cyclone passant dans le coin et une participation à la fête patronale du Saint-Louis Day. Le Sundgaugruess de Waldighoffen a conquis ses étoiles de star.
Une semaine inoubliable ?
Oui, avec un petit regret au coeur : il n'y a plus que quelques dizaines de Texans à vraiment parler alsacien. La prochaine génération, c'est cuit. »
Au Saint-Louis Day, les musiciens de Waldighoffen ont joué devant des milliers de paroissiens.











