Au Burundi, le tambour est chargé d'une forte valeur symbolique, caractéristique de cet Etat très ancien (il existait antérieurement à la colonisation, un cas très rare en Afrique). Il est fait d'un bois très spécial nommé « umuvugangoma », ce qui signifie littéralement « le bois qui fait résonner le tambour », et de peau tendues de vaches de ce vieux royaume pastoral. Seuls trois centres burundais bien définis sont habilités à en fabriquer. Plus que pour faire la fête, les tambours servaient traditionnellement aux grandes occasions, pour annoncer le passage d'une autorité ou le début d'une manifestation publique, à travers un langage bien défini. Ce qui permettait de rameuter les habitants des villages alentour, plus sûrement qu'un téléphone. Le tambour est aussi un très fort symbole de maternité : l'un des usages les plus importants du tambour était d'accompagner la bénédiction des semences du royaume par le souverain, et les différentes parties de l'instrument portent des noms qui signifient « ventre », « sein » et « linge pour un enfant». Déjà autrefois, il avait valeur de symbole national : lorsque deux camps se livraient bataille dans la région, le tambour constituait l'équivalent du drapeau de chaque camp. Sa prise par l'autre armée était synonyme de défaite. Désormais, le tambour est devenu un véritable ambassadeur du Burundi. Ainsi, les tambourinaires portent des tuniques aux couleurs nationales, qui ne correspondent pas aux tenues traditionnelles. Ils chantent en Kirundi, leur langue traditionnelle et la deuxième langue officielle du pays avec le français. Et le tambour central, celui sur lequel le chef d'orchestre donne le tempo, est peint lui aussi aux couleurs du drapeau national, adoptées à l'indépendance en 1962. Blanc pour la paix, rouge pour la patrie, vert pour l'espérance, avec trois étoiles évoquant la devise du pays, « Unité, Travail et Progrès».











