Une troupe de tambourinaires venus du Burundi a donné pendant dix jours un spectacle époustouflant en plein centre-ville.
P endant dix jours, la place Kléber s'est enthousiasmée pour un spectacle de tambours donné en fin d'après-midi par une troupe du Burundi, ce petit pays voisin du Rwanda en Afrique Orientale. Les gens se sont pressés, chaque jour plus nombreux, devant le bâtiment de l'Aubette où les treize tambours étaient installés, disposés en arc de cercle. Habillés de tuniques blanc-rouge-vert, les couleurs de leur pays, les tambourinaires sont arrivés avec leurs lourds instruments posés sur la tête, avant de se relayer au tambour central, pour des solos improvisés de percussions, de danses et de mimiques diverses. Et tous les autres accompagnaient dans un grand vacarme très étudié, à vous donner le frisson.
Selon Christophe Weisshaupt, du service d'animation de la Ville, il s'agit sans doute du « spectacle le plus frappant de cet été». Il s'inscrit dans le cadre des « animations sur 15 jours » qui se déroulent depuis le 10 août dans les secteurs piétonniers du centre. Entre 16 h et 18 h, des troupes itinérantes parcourent les rues piétonnes, leur trajet s'achevant place Kléber. Directement, le public pouvait enchaîner jusqu'à 19 h avec les tambours du Burundi, ainsi promus en véritable sommet de ces deux semaines d'animation.
TOURNEE EN FRANCE
Les tambours du Burundi sont en tournée en France cet été, depuis le 6 juillet, à l'initiative du CEMEA, une association de la région Rhône-Alpes qui effectue des travaux humanitaires en Afrique Orientale. En particulier, ils se sont produits au Stade de France en lever de rideau des deux demi-finales et de la finale de la Coupe du Monde. Puis ils ont donné quelque 25 spectacles dans tout le pays, notamment dans plusieurs grands parcs parisiens, à Aix-les-Bains, Epinal, Lyon, Villeurbanne et Toulon. Après Strasbourg où ils ont donné six spectacles, ils se rendront à nouveau dans le sud et clôtureront leur périple à Saint-Raphaël le 25 août. A Strasbourg, ils ont été un peu déçus du manque de publicité autour de l'événement. Malgré cela, le bouche-à-oreille a bien fonctionné et le public était bien là après les premiers spectacles, grossissant même à mesure que des passants s'approchaient, attirés par les rythmes endiablés de l'Afrique orientale. Mais partout en France, c'est surtout l'attitude réservée du public qui a étonné les Burundais.
HUMANITAIRE
« Chez nous, il n'existe pas vraiment de spectateurs, explique Iconzi Expert, président de la Fédération des Associations et Clubs UNESCO du Burundi, qui chaperonne la troupe pendant la tournée. Dès le début, les gens participent, battent des mains et viennent danser devant les tambours.» Ainsi, cette tournée aura permis une découverte pour chacun. Fin août, ils retourneront dans leur ville, Bujumbura, la capitale, où ils continueront à jouer ensemble en club (ils se définissent comme des « semi-professionnels » du tambour, auquel ils consacrent la moitié de leur temps), en attendant une nouvelle tournée en Europe, peut-être en l'an 2000. « Ç'aura été une excellente expérience, mais le problème reste le coût élevé de l'opération,» avoue Iconzi Expert. Surtout que les bénéfices des quêtes effectuées chaque soir serviront à acheter du matériel scolaire pour leur pays ravagé par cinq ans d'une terrible guerre civile. Au-delà du folklore, les tambours du Burundi sont avant tout des ambassadeurs humanitaires, à commencer par le plus jeune d'entre eux, Olivier, 13 ans. Un surdoué du tambour, mais aussi un enfant qui mérite une éducation et une vie dans un pays en paix.
Des rythmes effrénés qui donnent le frisson.
(Photo « L'ALSACE » - Jean-Marc Loos)











