La Ville de Strasbourg vient d'éditer un guide pratique pour les femmes en recherche d'emploi. Les femmes ont-elles besoin d'un tel guide ?
Un groupe composé de responsables de la Ville de Strasbourg, de la Délégation régionale aux droits de la femme (DRDF), du Centre d'information des droits des femmes (CIDF), de la Mission locale et de la CFDT Alcatel réfléchit depuis un an à « l'autonomie des femmes et à l'égalité professionnelle ». L'idée est née un 8 mars (1997), Journée internationale de la femme. Catherine Trautmann, alors maire de Strasbourg, propose de promouvoir par des mesures concrètes l'autonomie des femmes. Femmes, dont le rôle, rappelle-t-elle à cette occasion, ne se réduit pas « à la seule vocation d'accomplir son destin biologique dans la transmission de la vie et son destin social dans l'éducation de ses enfants ».
UNE ÉTUDE STATISTIQUE
Deux étudiantes en DESS démographie réalisèrent alors une étude statistique sur la situation des femmes en terme d'emploi, dans l'agglomération strasbourgeoise et en Alsace. Travail qui aboutit également à l'édition du fameux guide « Une femme, un emploi ». « A Strasbourg, on observe certes une parité entre les chômeurs hommes et les chômeurs femmes. Mais sur le terrain, il y a des disparités. Nous voulions voir au-delà des chiffres » commente l'ancienne déléguée régionale aux Droits de la femme, aujourd'hui présidente du CIF-CIDF, Catherine Laurent. Selon l'étude, les femmes seraient formées à un très petit nombre de métiers (secteur tertiaire surtout). Elles auraient davantage de difficultés à négocier leur contrat de travail. Aussi, nombreuses sont celles qui décrochent seulement un temps partiel. Enfin, elles continueraient, malgré les apparences, à assumer leurs doubles, voire triples journées de travail, en cumulant bureau, éducation des enfants et tâches ménagères. Les femmes sembleraient donc rencontrer des difficultés auxquelles ne sont pas forcément confrontés les hommes. Et la conseillère municipale aux relations avec les associations féminines, Lisette Kellermann d'illustrer : « Pour les femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever leurs enfants, il es très difficile de se remettre sur le marché du travail. Elles ne savent pas par quel bout commencer leur recherche. Le guide sert à baliser leur parcours. A donner aux femmes des clés d'accès au travail », rappelle Roland Ries dans son éditorial.
INÉGALITÉ OU CHOIX DES FEMMES
Comment faire un bilan professionnel, compléter sa formation, trouver un emploi, créer sa propre entreprise ? ANPE, RMI, AFR, ASSEDIC. Qu'on soit homme ou femme, face au chômage et à la recherche d'emploi, la réalité a la même couleur. Le guide ne s'adressera aux femmes qu'en pages 21 et 22. Et là, on est en pleine disgression. D'emploi, on ne parle plus. On est abreuvé d'adresses utiles pour s'informer sur la contraception, l'interruption volontaire de grossesse, le dépistage du sida. Tout y est. Mais en quoi cela concerne-t-il une recherche d'emploi ? En voulant s'adresser aux femmes, ce guide met simplement en relief que trouver ou retrouver un emploi ne dépend pas du fait d'être ou non une femme. La question ne serait-elle pas : pourquoi les femmes n'ont-elles jamais voulu se former à certains métiers ? Pourquoi acceptent-elles de cumuler autant de tâches ?
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