Au début de ce mois de juin, l'activité industrielle franc-comtoise a légèrement marqué le pas avec la succession des jours fériés constate la lettre régionale de la Banque de France.
L'ACTIVITÉ a toutefois enregistré des performances largement supérieures à celles de la même période de référence de l'exercice précédent. La demande domestique s'est montrée une nouvelle fois hésitante. Les enregistrements de commandes étrangères continuent à progresser, mais à un rythme moins soutenu. A contrario, dans une logique prospective, le dynamisme de la demande interindustrielle reste très encourageant. Par ailleurs le renouvellement régulier des ordres et le niveau anormalement bas des stocks de produits finis sont autant de facteurs favorables à la poursuite, dans toutes les branches industrielles, du mouvement de reprise amorcé depuis plusieurs mois. Conformément aux prévisions, production et livraisons se sont repliées de concert en raison des facteurs saisonniers habituels mais dans des proportions modestes. L'activité a en effet été perturbée par les nombreuses journées de congés et a subi le contre coup du surplus d'activité réalisé en prévision les mois précédent pour assurer un courant de livraisons normal en mai. En revanche, d'une année à l'autre, l'activité a bien progressé dans tous les secteurs, les biens intermédiaires se distinguant particulièrement.
RALENTISSEMENT
Les stocks de produits finis n'ont quasiment pas varié le mois dernier. Dans certains compartiments et alors qu'approchent les congés d'été, ils se situent cependant à un niveau proche de la rupture et pourront difficilement être renforcés à cause des exigences de la clientèle en matière de délais de livraisons et des nombreuses semaines d'activités en carnets. Par précaution, certaines entreprises ont constitué des stocks de matières premières pour se prémunir contre les variations erratiques des cours. La demande s'est un peu tassée en raison du manque de dynamisme de la demande domestique et d'un ralentissement du rythme de progression de la demande étrangère. Néanmoins, illustrant la remarquable orientation de la demande interindustrielle, les biens d'équipement ont bénéficié d'un regain d'intérêt sur le territoire national, tandis que les biens intermédiaires ont enregistré de nouveaux progrès à l'exportation.
CONCURRENCE
Hormis la construction automobile et le matériel ferroviaire roulant, le carnet de commandes sont bien garnis mais les marchés obtenus ne dégagent que des marges assez faibles sous la pression de la concurrence. Les ordres sont plus fractionnés et sont renouvelés plus rapidement. Ce qui semblerait témoigner de la volonté d'accentuer l'utilisation des méthodes d'organisation de la production au plus juste. Les capacités de la production ont continué d'être fortement sollicitées occasionnent ça et là des difficultés pour respecter les délais de livraisons. Le coût des approvisionnements et les prix des produits finis sont restés stables mais en gisement annuel, la baisse des prix des matières premières n'a pas compensé le recul plus marqué des prix de vente, obérant ainsi les marges.
STABLES
Pour renforcer leur compétitivité et leurs capacités de production, les entreprises ont accéléré leurs dépenses d'investissement en matériels informatiques et en outils de production mais ont aussi mené des opérations de croissance externe. En dépit de la quasi-saturation des capacités de production, les effectifs industriels sont restés globalement stables le mois dernier. En période d'incertitude, les entreprises privilégient les embauches en contrats à durée déterminée, le recours à l'intérim et recherchent une meilleure utilisation des ressources existantes en formant des équipes au travail le week-end ou en allongeant les horaires hebdomadaires. Les hausses salariales ont été peu fréquentes et d'ampleur limitée car la concurrence et les discussions prévues ponctuellement sur l'annualisation du temps du travail limitent les marges de négociation. Les chefs d'entreprises ne se montrent guère empressés pour préparer le passage aux 35 heures tandis que les partenaires sociaux semblent davantage préoccupés par l'amélioration de leur pouvoir d'achat.











