Le premier vol devait avoir lieu le 7 juin. C'était sans compter sur les chicanes de l'administration soucieuse des intérêts d'Air France.
Claude Danner, président de la chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg, vient d'envoyer une lettre au président de la République lui demandant d'intervenir pour mettre fin à l'obstruction de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) au projet de l'aéroport d'ouvrir une ligne hebdomadaire entre Strasbourg et Moscou assurée par la compagnie russe Transaero Airlines.
VILLE OUVERTE
« L'ouverture de cette liaison aérienne est actuellement empêchée par les contraintes imposées par la DGAC », écrit Claude Danner. A savoir : limitation à un seul point de vente en France à Strasbourg, obligation de commercialiser les billets, hors Strasbourg, par l'intermédiaire d'Air France, impossibilité pour Transaero de nommer l'agent général de son choix et enfin refus d'adhésion au système permettant l'émission de billets par le réseau des agences de voyages. Autant d'exigences qui ne reposent sur aucun texte comme le reconnaît à demi-mot Gérard Le Houx, sous-directeur de la communication à la DGAC. En effet depuis 1979 l'aéroport de Strasbourg bénéficie du statut de « ville ouverte », qui permet à toutes les compagnies d'un des 40 pays membres du Conseil de l'Europe d'effectuer des vols entre les capitales nationales et Strasbourg. Ce statut avait été décidé par la France pour soutenir la vocation européenne de la ville. « Nous avons le plus grand doute sur la viabilité de cette liaison », explique Gérard Le Houx. L'explication est curieuse puisqu'il n'appartient pas à l'administration de juger le risque commercial pris par les compagnies. Bien qu'elle s'en défende, la DGAC cherche d'abord à protéger les intérêts d'Air France, la mise en place d'un vol entre Moscou et Strasbourg venant troubler l'accord bilatéral passé entre Air France et l'Aeroflot. « Nous n'avons pas intérêt à déséquilibrer le bilatéral entre la France et la Russie. En cela nous ne protégeons pas plus Air France qu'Aeroflot », se défend la DGAC.
RÉPUTATION DE SÉRIEUX
Selon l'aéroport de Strasbourg qui avait bénéficié du soutien du ministère des Affaires étrangères et de l'ambassade de France à Moscou pour étudier les perspectives commerciales d'un tel vol la DGAC serait déjà intervenue l'an passé pour empêcher Transaero, une des rares compagnies russes bénéficiant d'une bonne réputation de sérieux, de se poser en France. La compagnie qui souhaite effectuer 20 aller-retour à destination des Alpes françaises pour acheminer des vacanciers d'hiver s'était vu refuser le droit d'atterrir à Grenoble. Elle s'était alors retournée vers l'Italie et les touristes russes avaient skié dans les Alpes italiennes.











