L'organisme espagnol de contrôle de la sécurité nucléaire est sous le feu des critiques après la découverte tardive d'une fuite de césium en Andalousie à l'origine, selon toute vraisemblance, d'un nuage radioactif ayant survolé l'Europe du sud début juin. L'existence de la fuite de césium 137 dans une aciérie andalouse a été rendue publique en Espagne seulement vendredi, soit bien après l'incident et aussi quelques jours après l'annonce, dans plusieurs pays européens (France, Italie, Allemagne et Suisse), d'une forte poussée de la radioactivité. En repérant et en annonçant l'incident si tard, « nous nous sommes montrés ridicules sur le plan international », a affirmé le ministre de l'Environnement du gouvernement autonome andalou, José Luis Blanco. Il est « grave et préoccupant » que le nuage radioactif ait été détecté ailleurs en Europe avant qu'il ne le soit en Espagne, a déclaré le président andalou Manuel Chaves, en exigeant l'ouverture d'une enquête sur la gestion de cette affaire par le Conseil de sécurité nucléaire espagnol. Cette enquête devra déterminer la responsabilité de cet organisme officiel qui n'a pas repéré à temps la fuite radioactive ou, s'il l'a fait, a préféré « garder le silence » pendant quelque temps, a expliqué M. Chaves. Les partis d'opposition au gouvernement conservateur de José Maria Aznar, c'est-à-dire les socialistes et les communistes, ont demandé les comparutions immédiates devant le Congrès des députés du ministre de l'Industrie Josep Piqué et des responsables du CSN. De leur côté, les écologistes ont accusé le CSN d'avoir à la fois dissimulé l'incident et de s'être montré incapable de détecter à temps la fuite de césium. Le CSN n'a révélé l'événement « que lorsqu'il est devenu impossible de le cacher plus longtemps », a dénoncé la section espagnole de Greenpeace en estimant qu'il était « incroyable qu'aucun des réseaux de surveillance du CSN n'ait détecté les niveaux de césium 137». La fuite survenue dans l'usine Acerinox d'Algésiras constitue « un échec retentissant » du CSN et du Réseau de surveillance radioactive espagnol (Revira), a estimé l'AEDENAT, première organisation de défense de l'environnement en Espagne. Selon elle, les systèmes de contrôle espagnols sont « clairement insuffisants et incapables de détecter un problème local dans des installations nucléaires et radioactives». Face à cette avalanche de critiques, le ministre de l'Industrie Josep Piqué a défendu l'action du CSN. Cet organisme n'a pas retardé volontairement l'annonce de la fuite radioactive mais l'a fait seulement après avoir été prévenu de l'incident par la direction de l'aciérie car il n'avait pas détecté auparavant de nuage radioactif, a-t-il expliqué. Une commission au sein du CSN a commencé à examiner ce qui s'est passé afin de « prendre des mesures pour éviter » que ce type d'incidents « se reproduise dans l'avenir », a toutefois ajouté M. Piqué. Le ministre s'est également montré rassurant sur les conséquences de la fuite radioactive. « Il n'y a aucun motif d'alarme pour la population » car les taux de radioactivité enregistrés en Espagne et dans les autres pays européens sont « très largement en dessous de ceux qui pourraient être considérés comme préoccupants pour la santé des personnes et la qualité de l'air », a-t-il souligné. Les premiers examens ont montré que cinq des salariés de l'usine Acerinox présentent des traces de contamination mais celles-ci sont infimes et sans danger pour leur santé, a assuré le CSN.
«Pas de danger pour la santé»...











