Le directeur des Francas de Lure se dit ulcéré par les scènes de violence qui se sont déroulées à Marseille.
La Coupe du monde passe pour Christian Claudel à l'arrière plan de ses préoccupations : « Avec le football, on arrive vite à des débordements. Avec ce qui est arrivé hier (ndlr : lundi), il est difficile de penser du bien de ce sport. » Et de poursuivre : « Mon intime conviction est que l'éducation doit d'abord s'effectuer au niveau des clubs. J'ai deux fils qui évoluent à Melisey et qui ne jouent pas à un niveau relativement élevé. La violence n'est pas toujours canalisée sur le terrain mais encore moins sur la touche avec les parents, spectateurs et entraîneurs. Les arbitres sont la cible de toutes les critiques. Cela ne doit pas être simple de se faire respecter dans de telles conditions car les gens autour de l'aire de jeu ont des mentalités de combattants. » Une chose est certaine, les enfants ne tiennent pas leur passion du père : « Dans les villages, si l'on veut pratiquer une activité sportive, il n'y a guère d'autres solutions que de se diriger vers le football. Mais ils sont plus acteurs que spectateurs, heureusement !» Le Mondial, le directeur des Francas ne le suivra pas du tout. Pas seulement parce qu'à l'approche des vacances il faut mettre en place le calendrier des divers centres, mais surtout parce que le football, il a horreur de cela : « Mes sports privilégiés restent le volley et le tennis de table, il y a beaucoup plus de respect. En tant qu'animateur, je rechigne à programmer une vision collective d'une rencontre de football avec les enfants.« Mais cette allergie au ballon rond est aussi due « aux sommes d'argent investis pour la Coupe du monde, alors qu'elles seraient nettement plus profitables autre part. » Les jeunes Francas ont-ils, dans leurs activités, la possibilité d'imiter leurs idoles : « Bien sûr ! Mais au niveau des centres, nous essayons en plus de leur faire découvrir certaines activités inconnues telles que le base-ball ou la crosse québécoise. » Lorsque l'on ose demander un quelconque pronostic pour la finale de la Coupe du monde à Christian Claudel, on s'expose aussitôt à une cruelle désillusion : « Je n'en sais rien et je m'en moque éperdument. Ma seule préoccupation reste le plaisir des Francas ». Ces derniers ne s'en plaindront pas...
Les scènes de violence ont rendu Christian Claudel insensible aux charmes du football.











