L'orientation professionnelle à l'école n'est pas un choix, mais la connaissance de soi et de l'univers professionnel. Explications avec le CIO.
OUTRE ses fonctions principales d'accueil, d'information, de conseil et d'animation le Centre d'information et d'orientation de Lure a aussi comme mission, depuis une dizaine d'années, de former et d'informer les professeurs principaux, à la demande de la MAFPEN (organisme de formation pour l'Education nationale). Les stages se déroulent sur deux journées ; la première est consacrée à une sorte d'état des lieux de l'école, avec son système de formation, d'orientation et d'insertion. La seconde est plus centrée sur le rôle du professeur principal, dans ses aspects institutionnels. A l'occasion des stages concernant les professeurs principaux de collège, il est aussi largement question de l'éducation à l'orientation, selon la nouvelle terminologie du ministère. Une notion plus souple qui succède à celle de projet d'élève, jugée trop figée. L'éducation à l'orientation n'est surtout pas une discipline nouvelle nécessitant l'intervention de spécialiste et un horaire spécifique, mais un travail commun de l'équipe éducative inscrit dans une politique globale de l'établissement. L'objectif principal est d'aider l'élève à se construire une représentation de lui-même réaliste, mais suffisamment positive pour qu'il ait envie d'agir. L'élève doit aussi être capable de se situer dans l'univers socio-professionnel. « Les élèves ont une représentation d'eux-mêmes, de leur environnement. Le travail de l'orientation consiste à ajuster ces représentations de façon à ce qu'ils trouvent une place. On se sert des métiers comme moteur pour avancer. AVec un moteur, un véhicule peut aller dans différentes directions. Le projet professionnel évolue en fonction des circonstances, des contraintes. Par exemple, si un élève de troisième est intéressé par l'Armée, on peut lui conseiller de s'orienter vers un BEP mécanique et un Bac professionnel car l'Armée engage des mécanos » explique Joseph Gosset, directeur du CIO qui sait de quoi il parle, pour avoir expérimenté ce genre de parcours.
CONTRE LES STÉRÉOTYPES
Joseph Gosset souhaitait à l'origine devenir instituteur ou journaliste ou éducateur, jusqu'au jour où le frère de sa femme qui passait le concours de conseiller d'orientation l'a invité à faire de même. « L'orientation, c'est comme l'amour, il n'y a pas que le hasard » ajoute Joseph Gosset dont le métier aujourd'hui recouvre quelque part les aspirations de sa jeunesse vers le social, le militantisme, la formation.
Comme une vraie information ne doit pas être un message émis mais un message reçu, la démarche pédagogique en matière d'éducation à l'orientation fait une large place à l'innovation, aux méthodes actives et adaptées avec l'aide de supports : jeux, travaux sur fiches, enquêtes, contacts avec les professionnels, témoignages. C'est ainsi qu'ont procédé les professeurs MM. Colnat et Heurdewin, conseillers d'orientation sur les secteurs de Luxeuil et Héricourt, et au-delà, conseillers techniques, créateurs d'outils. Les professeurs ont ainsi pu « jouer » au jeu des quarante métiers destiné à lutter contre les stéréotypes et visionner un reportage réalisé par le CIO de Reims concernant le parcours de trois élèves, de la troisième jusqu'à leur insertion professionnelle.
Stage avec les professeurs principaux de 3e au CIO.











