Emile Litot, premier magistrat de Sermamagny, cache mal son sentiment d'impuissance face à la présence indésirée de 150 caravanes dans sa commune. Il rappelle qu'il n'a pas les moyens d'agir.
Pas du tout langue de bois, le maire de Sermamagny. La présence depuis dimanche et jusqu'au week-end prochain, de 150 caravanes de gens du voyage qui se sont implantées en quasi-totalité sur les terrains de Sigma-Coatings certes mais surtout sur le territoire de sa commune, ne l'incitent pas à produire des discours alambiqués. Il préfère le style direct. « On ne peut que constater l'état de fait », explique Émile Litot. « Ces gens débarquent dans une commune sans prévenir, sans autorisation. Ils cisaillent les barbelés et les clôtures pour entrer. Nous, on n'a aucun moyen. On a beau dire que le maire a des pouvoirs de police... Nos administrés pleurent et téléphonent. Ils me disent tous : qu'est-ce que vous allez faire ? J'aimerais bien qu'on me le dise ! Ça devient une habitude. Dans cette affaire, Sigma Coatings a peut-être été un peu trop tolérant à notre goût les deux premières fois. Maintenant, ils connaissent le lieu. Ils connaissent le coin par coeur », poursuit Émile Litot. « Nous, on supporte les nuisances. Les gens du voyage s'approvisionnent en eau sur les bornes d'incendie. Ils viennent réclamer en mairie pour les ordures ménagères. On va essayer de trouver une solution avec le District».
« IMPUISSANCE »
« Il y a de quoi être désabusé », poursuit le maire de Sermamagny. « On saurait résoudre le problème rapidement, ça irait, mais dans cette situation, on se sent impuissant. Ce genre de problèmes, on ne sait pas les solutionner, surtout au niveau d'une petite commune comme la nôtre. La seule solution : attendre que ces gens veuillent bien s'en aller ! Le terrain de foot a été détérioré. Il va falloir ré-ensemencer. Et puis on a des cours de tennis grillagés, ce qui ne semble pas créer d'obstacles majeurs pour certains ! Le plus dur à accepter, c'est l'impuissance. J'aimerais savoir quoi répondre aux gens du village qui s'inquiètent. Les riverains dorment mal. J'ai contacté la préfecture et il paraît que l'entreprise va se décider à déposer plainte », conclut Émile Litot. « Voilà nos soucis et notre problème... La solution n'a pas encore été trouvée».
Les gens du voyage ont indiqué qu'ils quitteraient la commune dimanche.
(Photo « LE PAYS » - O.B.)











