Il a passé près de 65 ans de sa vie en Extrême-Orient, en Chine et aux Philippines. Aujourd'hui âgé de 85 ans, il s'y sent chez lui.
Arthur Baur est né à Durlinsdorf le 22 mai 1913 dans la famille d'Albert Baur et Rosa née Froehly. Après une retraite au village, le père jésuite demande au jeune Arthur de devenir missionnaire. Ce qu'il accepte aussitôt. Pendant son noviciat à Florennes en Belgique, il ne rentre à la maison qu'une fois par an. Puis après ses premiers voeux à 21 ans, la congrégation des jésuites l'envoi en Chine : « Nous étions 30 missionnaires à embarquer en septembre 1934 à Marseille. » Ses souvenirs sont très précis : « Au passage de la mer Rouge, le capitaine nous a conseillés de jeter notre montre à la mer : au-delà le temps n'existe plus. Le sort en était jeté. Pour moi qui allais en Chine, le monde devenait chinois. » A son arrivée, il a trouvé la stabilité et la force. 120 diocèses, trois millions de fidèles, des écoles, des prêtres et des églises. « La folie diabolique des communistes a tout détruit. » Il apprend le chinois puis la philo également en chinois, puis la théologie dans le sud de la Chine à Zi-Ka-Wei. A cette époque encore, les jésuites avaient neuf missions en Chine et mille jésuites dispersés dans le pays. Après son ordination en juin 1944, ses supérieurs l'envoyèrent dans le nord où on a souffert de la guérilla : « Les Japonais occupaient les villes et les communistes la campagne : les premiers jugements populaires ont commencé en 1946. Notre grande mission de Sienhsien qui couvrait 40 hectares a été envahie et le grand lavage de cerveau a commencé ! »
PREMIÈRE MESSE
Le jour de la libération a été le 31 juillet 1948 et on l'attendait à Durlinsdorf pour dire sa première messe au village : « La chorale du curé Spinhirny a fait merveille. J'étais le roi du village. » Après cette lune de miel, il se remet au travail : étude des sciences sociales à Paris et prière à Ineuil. En juillet 1949, l'ordre vient pour partir aux Philippines. Pendant six ans, il reste avec les jeunes Chinois expulsés de leur pays auxquels il enseigne le travail de la terre.
LES CHINOIS DES PHILIPPINES
Nouvelle affectation en 1954 pour une paroisse au centre des Philippines, à Cebu. But de la nomination : bâtir une église du Sacré-Coeur pour les 20 000 Chinois qui y étaient installés et dont la moitié était baptisée. « L'église et le collège de 1500 élèves que j'y ai construit ont donné un grand prestige aux Chinois. » Pensant se reposer sur ses lauriers et passer sa vie avec ses amis de Cebu, il présente sa démission pour ne pas créer de difficultés. Ses supérieurs lui offrent d'être curé à Iloita, une paroisse de 250 000 habitants où il réside depuis 1977. Après un accident de santé, il y vit retiré, célébrant la messe chaque jour dans sa chambre. Succès ou échec ? Sa réponse est mitigée : « J'ai appris le chinois et je le parle encore. Mais l'oeuvre des jésuites a été détruite en Chine. Humainement, c'est un désastre mais les voies du Seigneur sont impénétrables et les Chinois d'outremer ont profité de la révolution du continent. Les missionnaires travaillent parmi eux. » Concernant le retour au pays natal, il invoque le climat : « Nous sommes habitués aux pays chauds. A la maison, on connaît encore les proches de sa génération mais on ne connaît pas les jeunes. Ici l'on se sent "inculturé". J'ai passé plus de 60 ans de ma vie en Extrême-Orient et j'y suis chez moi. Je ne regrette rien de ma vie. » « L'Alsace » lui présente à travers sa famille sundgauvienne ses félicitations, ses voeux de santé, bonheur et longue vie.
Le Père Arthur Baur.











