Le dépistage ciblé sur les personnes à risque de cancer du colon ou de cancer colo-rectal, au premier rang des cancers dans les deux sexes, avec 33 500 nouveaux cas par an, est préconisé par un rapport d'experts, rendu public hier. Pour la prévention, manger plus de légumes, réduire l'apport de calories et augmenter l'activité physique sont les seuls conseils d'hygiène générale qui peuvent être sérieusement donnés à la population, a résumé le Pr Jacques Fournet en présentant ces recommandations sur « la prévention, le dépistage et la prise en charge des cancers du colon », à l'Agence nationale d'accrédition et d'évaluation de la santé (ANAES) à Paris. Les données sur l'effet - néfaste - des viandes et des graisses, et bénéfique des fibres et vitamines anti-oxydantes ne sont pas suffisamment probantes, selon ces experts. Selon eux, les conditions ne sont toujours pas réunies en France pour un dépistage de masse dans la population, basé sur l'utilisation d'un test de détection de sang dans les selles («Hémoccult II»). Ce test ne doit pas faire partie d'un simple bilan de santé, ajoutent-ils. Ces recommandations sont le résultat d'une conférence de consensus, présidé par le Pr Fournet, qui a réuni, en janvier dernier, experts et sociétés savantes pour faire le point sur ce cancer. « Actuellement on guérit un cancer du colon sur deux, mais ce cancer reste grave », a souligné le Pr Jean Faivre. Le cancer colo-rectal - dont 21 500 sont limités au colon - entraîne quelque 16 000 décès par an. L'âge lors du diagnostic est en moyenne de 70 ans. « En France, le pronostic est cependant parmi les meilleurs d'Europe. L'incidence du cancer du colon a augmenté, ces vingt dernières années, mais pas la mortalité », a souligné le Pr Fournet. Les experts ne recommandent pas la prise d'aspirine à titre préventif, aux doses employées pour la prévention cardio-vasculaire, malgré les résultats encourageants sur son effet protecteur, en raison de possibles effets indésirables (hémorragies diverses). Le dépistage de masse, organisé dans des conditions strictes avec le test Hémoccult II, peut réduire la mortalité par cancer colo-rectal de 15 à 18%. En cas de résultat positif, une coloscopie, un examen effectué par les voies naturelles permet de visualiser les lésions cancéreuses ou pré-cancéreuses (adénomes), à l'origine de 60 à 80 % de ces cancers, et de les opérer. Mais un mauvais usage du test génère un excès de coloscopies, comportant des risques d'accident (1 sur 1000 examens), voire de mortalité (1 sur 10 000). Les résultats attendus fin 1998 d'une expérience en Bourgogne devraient cependant permettre d'étendre ce dépistage de masse. Le dépistage doit cibler les personnes à risque, élevé ou très élevé, représentant environ 25 % de ces cancers, notent les experts en préconisant de porter une meilleure attention aux antécédents familiaux. Lorsque que l'on a un parent au 1er degré (parent, enfant, frère..) qui a eu un cancer du colon avant 45 ans, ou deux parents atteints, le risque est multiplié par quatre. Une coloscopie est alors recommandée à partir de 45 ans, parfois plus tôt, ainsi qu'une surveillance tous les cinq ans.
Traitement du cancer par radiothérapie au centre Paul Strauss à Strasbourg.











