A Strasbourg-Cronenbourg, une femme a été frappée à mort. Les restes de son corps, découpé en morceaux, ont été retrouvés hier près de l'autoroute. Le mari de la victime a été placé en garde à vue.
UN HOMME âgé de 60 ans a été interpellé hier matin, à la suite de la découverte du corps dépecé de sa femme, en bordure d'un talus à hauteur du pont de Hausbergen, au bout de la rue Leclerc, à Schiltigheim.
C'est une habitante du quartier qui promenait son chien, hier matin, qui a donné l'alerte vers 7 h 30. Elle venait de découvrir une tête humaine, dépassant d'un sac en plastique. La police judiciaire, immédiatement saisie de l'enquête, s'est rendue sur les lieux et a découvert d'autres sacs éparpillés sur le talus, contenant les membres et les viscères d'une femme, le tronc et les cuisses restant manquants. Les premières constations du médecin légiste ont montré la présence d'ecchymoses sur les bras, les lèvres et la tête, et indiquaient que le corps avait été découpé après la mort de la victime.
TUÉE DIMANCHE
Au même moment, un appel du commissariat central venait signaler aux enquêteurs qu'un jeune homme s'était présenté pour déclarer que son père avait tué sa femme. Selon ses dires, en passant au domicile de son père, il avait vu sa belle-mère morte, allongée sur son lit. Faisant le rapprochement avec la macabre découverte, les policiers lui ont demandé d'identifier les restes trouvés, qui se sont avérés être ceux de sa belle-mère. En milieu de matinée, les policiers de la PJ ont interpellé le père du jeune homme, un Algérien de 60 ans, Abdelahid Oum El Az, qui a très vite reconnu avoir tué sa femme à coups de marteau, dimanche après-midi, à la suite d'un différend familial. Son fils ayant refusé de l'aider à se débarrasser du corps, il aurait alors découpé le corps à l'aide d'une hache et d'un couteau de cuisine. Il a ensuite placé les morceaux dans des sacs en plastique et transporté le tout en voiture jusqu'au pont. Là, il a jeté par dessus la rambarde les sacs qui se sont alors éparpillés sur le talus. L'homme a ensuite emmené les enquêteurs sur les lieux de la découverte macabre et leur a indiqué l'endroit où il avait jeté le dernier sac contenant le tronc et les cuisses, qui se trouvait à 200 m environ du lieu de découverte de la tête. A son domicile de Strasbourg-Cronenbourg, on a retrouvé le marteau qui a servi à tuer la victime, une hache et un couteau de cuisine, utilisés pour découper le corps, ainsi que des traces de sang dans l'appartement.
ENQUÊTE EN FLAGRANT DÉLIT
A l'origine de ce drame, la mésentente du couple, qui, aux dires de l'entourage, se disputait beaucoup. La victime, également algérienne, Saidi Drifa, allait avoir 49 ans dans dix jours. Abdelahid Oum El Az l'avait épousée en secondes noces, illégalement d'ailleurs, puisqu'il n'avait apparemment pas divorcé de sa première femme, la mère du jeune homme venu dénoncer le crime. De sa deuxième femme, il avait trois enfants âgés de 9, 13 et 15 ans. Ceux-ci n'étaient pas présents au domicile de leur père le jour du drame, mais se trouvaient en visite chez leur demi-frère. Abdelahid Oum El Az est toujours entendu dans le cadre de l'enquête en flagrant délit. Il devrait être présenté demain mercredi à un juge d'instruction.











