Faire un cadeau de Noël est parfois un casse-tête. Les livres de cinéma offrent... de belles idées.
« J'ai choisi, dit Scorsese, de mettre en valeur les films qui ont coloré mes rêves, forgé ma sensibilité et parfois même changé ma vie...» Comme l'était, d'une autre manière, le « Hitchcock par Truffaut », le Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain (192 pages, 225 F) est un passionnant travail parce qu'on y sent la profonde passion d'un auteur pour le cinéma et aussi parce qu'il révèle comment un grand cinéaste s'est construit en s'appuyant sur les leçons des vieux maîtres américains. Serge Toubiana et les Cahiers du cinéma offrent donc un petit monument de bonheur cinéphilique où l'on va sur les pas de l'auteur de « Casino » de Welles à Kubrick pour les saisir comme des illusionnistes, des conteurs ou des contrebandiers... Abondamment illustré (170 excellentes photos en noir et blanc), le Scorsese évoque, de la manière la plus captivante, les codes narratifs comme les « manoeuvres » des iconoclastes, tout cela pour nous dire que « les films répondent à un besoin spirituel qu'ont les hommes de partager une mémoire commune.» Et comme Scorsese montre aussi son attachement à certains films de série B, les Cahiers du cinéma embrayent intelligemment en ajoutant un autre fleuron à la littérature de cinéma avec Photogénie de la série B (192 pages, 200 photos, 295 F) ou Charles Tesson détaille le paradoxe qui a fait d'un genre sous-évalué un art à part entière. Tesson raconte les réalisateurs, les acteurs, les films-culte. Et on se promène avec délices dans un univers entre « Gun crazy » et « Invaders from Mars». Aux éditions Phébus, Louise Brooks, sous-titré portrait d'une anti star (156 pages, 195 F) permet de se plonger dans le mystère et la magie d'une des stars les plus rares du cinéma. De fait, il n'est sans doute qu'une poignée de cinéphiles bien renseignés à avoir un regard panoramique sur les films (24, quand même) de la belle Louise. Certes, on connaît le fameux « Loulou » de Pabst qui installa son image de femme fatale en jouant admirablement sur le registre eros et subversion. Mais au-delà de la fabuleuse modernité de son visage, Louise Brooks était aussi une femme libre et une comédienne jamais disposée à passer sous les fourches caudines d'Hollywood... Avec sa pâle Iris, la petite prostituée de « Taxi driver », Jodie Foster fit une entrée remarquée dans le cinéma et, quelques années plus tard, elle gagna ses galons de star avec « Le silence des agneaux». Jodie Foster (284 pages, 129 F) est racontée, chez Lefrancq Littérature, par Leon Wagener et Buddy Foster, son frère... Autant dire que le point de vue est quelque peu « familial » et l'on en sait plus sur les relations de Jodie avec sa mère ou sur l'affaire Hinckley que sur son travail de cinéma proprement dit. Et curieusement le film met en exergue de l'un des chapitres, ce propos de la comédienne : « Je suis fatiguée des personnes qui essayent toujours de me psychanalyser.» La sortie récente du « Bossu » mis en scène par Philippe de Broca, a donné lieu à une véritable rafale d'ouvrages. On commencera, au Pré aux Clercs, par Le livre du film (95 pages, 99 F) forcément largement illustré et qui propose, au-delà de pages sur les coulisses (costumes, décors, combats, maquillages etc), la totalité du scénario et des dialogues. On trouve ensuite l'intégrale du roman de Paul Féval chez Ramsay (416 pages, 99 F) et, en format Poche, chez Pocket. Pour sa part, Pocket-Junior publie Le Bossu, un roman pour la jeunesse (donc avec des illustrations) de Philippe Morgaut d'après le scénario du film de De Broca. Quant aux éditions Omnibus, elles donnent Le Bossu - le roman de Lagardère (1408 pages, 155 F) qui regroupe le roman de Paul Féval père mais aussi les suites (La jeunesse du Bossu, Les chevauchées de Lagardère, Mariquita, Cocardasse et Passepoil et même Le fils de Lagardère) imaginées par Paul Féval fils... Parmi les romans tirés de films, on trouve, chez Ramsay, Marthe (264 pages, 105 F) de Jean-Loup Hubert ou The game (222 pages) chez Pocket, novellisation du récent film de David Fincher. Enfin, à propos du film de Spielberg, David Pesci publie, chez Ramsay, un Amistad (374 pages, 125 F) qui raconte, en 1839, la sanglante mutinerie d'esclaves noirs embarqués sur un bateau pour les USA...











