NE femme sans âge, vêtue de noir jusqu'au fichu, arpente les rues d'une grande métropole régionale. A la main, un vaste sac en plastique lui permet d'engranger ce qu'elle trouve au fond des poubelles. De temps à autre, un objet lui échappe des mains, roule dans le caniveau, pauvre peluche délaissée par son précédent propriétaire qui fera peut-être un nouvel heureux. Voici quelques années, on avait coutume de déposer sur le couvercle des poubelles les objets qui pouvaient encore servir, afin qu'une personne intéressé puisse les récupérer non souillés de détritus divers. Aujourd'hui, on trie le plastique et le verre, le papier et le carton. Les pauvres, eux, n'ont qu'à fouiller, si le coeur leur en dit. Les organismes caritatifs organisent régulièrement des ramassages à domicile et ouvrent leurs portes aux dons de toute sorte. Mais il est plus facile de se débarasser de ses petits biens de consommation en les jetant dans le conteneur commun. Heureusement que le ramassge des ordures se fait parfois tardivement : les pauvres peuvent dormir un peu. M.











