« Comprendre son environnement » constitue la motivation essentielle des millions de visiteurs des journées du patrimoine, souligne Gianfranca Vegliante, responsable de ces journées en Franche-Comté.
Que représentent aujourd'hui les journées du patrimoine ?
Ces journées permettent depuis 14 ans au public d'accéder à un certain nombre de sites soit gratuitement, soit à tarif réduit. La notion de patrimoine, autrefois réduite à l'idée de château privé ou d'église, s'est aujourd'hui élargie. Elle représente, en plus de l'ancienne conception, aussi bien les fontaines-lavoirs que les paysages, les croix et calvaires, ou l'architecture industrielle. De ce fait, les journées du patrimoine constituent également, pendant deux jours, une bonne opportunité pour faire évoluer la notion de patrimoine.
La patrimoine, c'est l'histoire, mais aussi la mémoire collective...
Bien sûr, c'est évidemment la mémoire collective. C'est pourquoi le patrimoine concerne beaucoup l'architecture rurale et industrielle, ainsi que les notions de paysage.
Les sites industriels sont particulièrement concernés...
Contrairement à ce que l'on pense, en Franche-Comté par exemple, le patrimoine industriel n'est pas du tout la représentation patrimoniale. Le patrimoine industriel pour cette région, ce n'est pas l'automobile, mais les débuts de l'industrie, c'est-à-dire les moulins, les forges, les taillanderies, l'horlogerie et toutes les petites industries du 18è siècle. Il y a un certain nombre de sites ouverts que le public peut apprécier dans la chaîne des musées, des techniques et des cultures comtoises. Les gens connaissent la saline d'Arc-et-Senans, classé patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982. Je rappelle l'existence, en dehors des journées du patrimoine, d'une série de musées privés, dont celui des Automobiles Peugeot qui est ouvert en permanence et donc pas spécifiquement pour les journées du patrimoine. C'est autre chose.
Huit millions de visiteurs et plus de 11 000 sites à visiter en 1996. C'est un véritable phénomène de société ?
C'est effectivement le cas. C'est d'abord une volonté de compréhension de son environnement : connaître l'histoire du patrimoine de proximité. C'est-à-dire ce qu'il y a dans son village : l'église, la mairie... C'est aussi essayer de connaître l'histoire du village, ensuite celle du canton, du département et de la région et, à partir de là, faire des liens entre les différents niveaux.
Une vingtaine de pays ont suivi l'exemple de la France...
Les journées européennes du patrimoine fonctionnent très bien. La France a servi de modèle. Quant à la Suisse, elle organise ses journées du patrimoine le week-end précédant les nôtres. On essaie depuis deux ans d'échanger des informations pour attirer nos voisins et réciproquement. L'an dernier, on a retenu une thématique gallo-romaine pour envoyer les visiteurs dans les deux pays. C'est difficile à mettre en place parce que le patrimoine en Suisse se définit encore de façon plus restreinte que chez nous. C'est encore les parcs, les jardins de châteaux, les bourgs médiévaux... De plus, les relations entre nous ne sont pas toujours faciles.
La Porte de Brisach à Belfort
(Photo : Jean Becker)











