La société de production britannique « The Really Useful Group » (RUC), qui produit depuis octobre 1995 la comédie musicale « Le Fantôme de l'Opéra » à la Foire de Bâle, a annoncé le prochain licenciement collectif des 350 salariés du théâtre musical bâlois. Si les négociations en cours sur la reprise de la pièce de l'auteur britannique Andrew Lloyd Webbers n'aboutissent pas, la représentation du « Fantôme de l'Opéra » s'achèvera le 27 juillet prochain. Cette comédie musicale devait, en principe, rester à l'affiche durant plusieurs années à Bâle. Après un début prometteur (450 000 spectateurs en 1996), la fréquentation de la salle de 1600 places a considérablement chuté l'été dernier. Depuis, en dépit de la baisse des prix (100 FS pour les meilleures places), le taux de remplissage se situe en moyenne à 60%. Un niveau insuffisant pour couvrir les coûts la super-production. Les organisateurs envisageraient d'imposer aux acteurs une réduction de salaire de 20 à 30 % pour assurer la rentabilité. La Foire de Bâle a investi 15 millions de FS (environ 40 millions de FF) dans la construction du théâtre musical dans une des halles transformée spécialement pour le « Fantôme». De son côté, le canton de Bâle-Ville a déboursé 10 millions de FS pour faire venir cette grande attraction à Bâle. Cet investissement a été remboursé aux trois quarts par les recettes de la taxe sur les billets. Une taxe que les organisateurs n'ont plus versée au fisc bâlois depuis le début de l'année. La qualité du spectacle proposé depuis 20 mois n'est pas mise en cause. Les difficultés financières du « Fantôme de l'Opéra » illustrent la faillite d'un concept qui marche à Londres et New York mais pas à Bâle où le public n'est pas suffisant pour un théâtre musical ayant une seule pièce à l'affiche. D'autant plus que les voisins français (1 % des spectateurs seulement) boudent ce spectacle. A cause d'une double barrière, linguistique et financière.











