La place du village a été, hier, le théâtre du point de départ et d'arrivée du traditionnel rallye des Vosges saônoises.
Le club des Vieux Volants franc-comtois a une nouvelle fois rassemblé ses plus beaux fleurons pour le plus grand plaisir de tout un chacun. 8 h et déjà les premiers véhicules arrivent à grands coups de klaxon, 40 et une douzaine de motos seront ainsi répertoriés au moment de partir pour l'aventure d'une balade malheureusement très arrosée. L'organisateur, Jean-Marie Mérique était d'ailleurs un peu désabusé « il y a quasiment deux mois que la pluie n'a pas fait son apparition et il faut que cela tombe sur nous ». Au volant de son Alfa Roméo 2600 de 1966, abritant sous le capot 6 cylindres en ligne pour une puissance de 15 CV fiscaux, il ne pensait bien évidemment pas à son cas personnel,mais à celui des propriétaires de voitures décapotables et de motos. Parmi tous ces bijoux, l'oeil averti a eu vite fait de repérer une Torpédo unique de 1923, une Delahaye Coach de 1936 ou une Citroën 5 HP. Le point d'orgue fut sans contexte le camion de pompier Citroën U23, il a en effet recueilli l'unanimité des suffrages chez les jeunes et les aînés. « Incroyable », ce simple mot résume mieux que tout autre l'état d'esprit des bienheureux curieux. Le but de l'opération pour l'association est de se retrouver afin d'effectuer tous ensemble un parcours à travers les splendides paysages de notre région. Ainsi, 76 km se sont affichés au compteur à l'issue de la boucle effectuée. Lure, Lantenot, Rignovelle, Magnivray ont été traversés afin de se rendre à Raddon pour une exposition et un vin d'honneur offert par la municipalité. La même démarche sera renouvelée à Amage. Le repas pris en commun dans une ambiance des plus conviviales s'est déroulé Aux Maires d'Avaux, au sein de l'auberge locale. 2 h 30 plus tard et les moteurs âgés repartent pourtant au quart de tour pour redescendre vers Saint-Germain via Faucogney. Lure et le Val de Gouhenans seront les dernières communes traversées par cet impressionnant serpent de vestiges d'un passé pas si lointain que cela. 1923-1972, cinquante années de la vie ont ainsi été retracées l'espace d'un court instant : celui des regrets. Le progrès continue son inexorable avancée, mais quel immense plaisir, même pour un néophyte, d'avoir côtoyé une 402 Darlimat de 1935, une Unic L de 1923 ou une Chenard et Walker de 1930 aux mécaniques sans défaut. Le rêve est passé, le retour sur terre sera celui des souvenirs, ceux des prémices de la création automobile... certainement les plus émouvants.
402 Darlimat, un chef-d'oeuvre de conception.
Le camion de pompier à l'honneur.
La Citroën 5 HP du président.
1923 Torpédo, un modèle unique.











